Arrivée au pays de Gandhi


C’est reparti pour un tour!

Un long voyage m’attend mais 8h de vol dans les avions dernier cri d’Air India, c’est du gâteau! En effet, avec les écrans auxquels tous les passagers ont accès, il est possible de regarder toutes sortes de films et même d’avoir à sa dispositions des échantillons sympathiques de musiques locales. Idéal pour se mettre dans le bain!

Mon arrivée en Inde est tout sauf stressante, il faut bien l’avouer. Avec un ex-colloc pour m’accueillir à l’aéroport, je suis tout de suite dans les meilleures dispositions possibles. Je n’y vois que du positif, car s’il est vrai que cela supprime un peu d’imprévu, normalement intrinsèque à tout voyage vers l’inconnu (surtout quand l’inconnu c’est l’Inde !), j’aurai largement le temps d’avoir des surprises, des emmerdes ou d’être étonné quand je partirai dans la cambrousse indienne. On prend un taxi avec un conducteur sikh (les gars qui ont des turbans autour de la tête) que Simon a appelé la veille. Mon ex-colloc me dit alors que les sikhs, niveau affaires, c’est des types respectables qui n’essaient pas de t’arnaquer systématiquement au contraire des rickshaws (promis, je ferai des photos dès que possible de tout ce que je décris), ces frêles transports jaunes et verts qui gonfleraient largement les prix réels. Simon est plutôt étonné que je ne manifeste pas plus d’émotions lors du trajet en taxi que nous effectuons jusqu’à son université. A bien des égards, c’est parce que certaines choses ici me rappellent un peu la Palestine. A priori, les endroits n’ont rien en commun, mais finalement, le fait de ne pas être en Occident entraîne des similitudes qu’un Occidental comme moi va remarquer. Plusieurs exemples:

  • La circulation, c’est le même bordel qu’en Palestine, même si je pense qu’en Inde, ils sont moins « agressifs » et peut-être plus adroits. Par contre, ils klaxonnent tout le temps, pour tout et n’importe quoi. Parfois, ils klaxonnent très violemment, et comme dit Simon « A cet instant, on pourrait s’attendre à voir un conducteur furieux, comme en France, après tout coup de klaxon prolongé de la sorte, mais finalement, on peut observer un mec flegmatique, tranquille et serein, sans une ride de colère sur le visage. »
  • Les constructions inachevées ou inexplicables dans les rues sont communes aux deux « pays » (en considérant que la Palestine est un pays). Parfois, vous retrouvez en plein milieu de la rue un amas de matériaux assemblés, ou même parfois en tas. « Parfois en Inde, il ne faut pas comprendre ce qu’ils ont tenté de faire. » (Simon)
  • L’architecture de certains endroits est similaire en Inde et en Palestine également avec notamment ces baraques blanches en pierre blanche avec leur bidon noir sur le toit (pour stocker l’eau en Palestine, et je suppose qu’en Inde, c’est la même chose).
A lire aussi :  Au fin fond de la nuit cisjordanienne

Mais les similitudes s’arrêtent là pour le moment. Revenons à nos moutons. On arrive à sa guest-house située dans le campus de son université (une des meilleures d’Inde, si ce n’est la meilleure en fait!). De façon assez comique, alors que Simon m’avait dit que les sikhs étaient des papas en affaire, celui qui nous a amené en taxi réussit finalement à nous prendre 900 roupies au lieu des 600 initialement prévus (1 euro = 80 roupies grosso modo).  C’est parce qu’on a accepté qu’il mette l’air conditionné qu’on a eu droit à une petite majoration maison. Si vous faites le calcul, c’est vrai que c’est rien 900 roupies pour un trajet aussi long! En France, on en aurait eu pour 20-25 euros quoi.

Pour arriver dans la chambre de Simon, je signe un registre à l’arrache. Simon me prévient qu’ici, tu signes des registres systématiquement sans que cela ne serve à grand chose. La preuve, je donne d’ailleurs mon numéro français et mon adresse française sur le registre et le garde ne bronche pas, il a l’air de s’en foutre totalement, mais la procédure est la procédure et il veille à ce que j’écrive un truc sur le registre. Quand Simon va au foot, il signe un registre aussi. Et quand tu vas aux toilettes, rebelote, tu signes un registre aussi! Non ça, c’est une blague.

On va manger un bout sur son campus, immense, plusieurs hectares le truc. On me confirme plusieurs choses que je savais déjà: ici, on mange tout avec les doigts (à part dans les plats à touristes évidemment) et si possible de la main droite car ici la main gauche, c’est celle avec laquelle les Indiens s’essuieraient (je mets le truc au conditionnel car je ne sais pas ce qu’il en est vraiment de la pratique, réellement parlant) les fesses après avoir été à la selle. La nourriture indienne est plutôt bonne il faut le dire. Naan, poulet, pommes de terre au épinards, samozas, etc. C’est pas mal !  On se balade dans l’université, ils sont très politisés. On peut voir des slogans communistes un peu partout, avec des tags représentant les têtes de Lénine et Marx, entre autres. Plutôt bien faits en général d’ailleurs !

On prend un rickshaw pour aller faire un tour dans un marché au sud de Delhi. Prendre un rickshaw, c’est le truc que j’ai préféré en deux jours ! C’est vraiment fantastique. L’engin fonctionne au gaz, c’est tout petit, un mec de 2m rentre difficilement là dedans et de fait, les chauffeurs de rickshaw sont tout petits en général. Et en plus, c’est pas très cher sauf si vous vous faites avoir, il y a beaucoup d’air (parfait en plein été), car il y a des ouvertures sur les côtés.

A lire aussi :  3e jour au camp

Une fois dans le marché de Delhi, on découvre rapidement que je ne peux pas retirer d’argent, ma carte ne passe pas, et ce, dans toutes les banques qu’on teste. Ma banque doit croire qu’il s’agit là d’un tentative de retrait frauduleuse. Et là, vous êtes vachement content d’avoir votre gros colloc avec vous pour vous avancer l’argent. Sans lui j’aurais été dans une vraie mouise ! La pression monte à peine en moi. Un mail rapide aux parents au taquet et le problème est réglé en quelques heures. En rentrant à la guest-house de Simon, on se pose sur le toit avec quelques bières indiennes. Un de ses potes allemand nous accompagne. En cinq mois, il s’est fait pas mal de potes évidemment, et c’est plutôt drôle car au fil de la journée, nous croisons plusieurs indiennes qui saluent Simon avec enthousiasme. S’il est clair qu’il ne faut pas surinterpréter ce genre d’attitude à son égard, surtout en Inde, sa blancheur et sa blondeur sont manifestement appréciées. Posés sur le toit, je fais remarquer à Simon que je trouve Delhi brumeux. Cette réflexion, je me l’étais déjà faite en arrivant à l’aéroport. C’est la pollution qui est responsable de ce phénomène ! Impressionnant !

Nous finissons par rejoindre mon hôtel dans LE quartier « hôtels touristiques » de New Delhi (plus de place ailleurs) après avoir pris le métro moderne de Delhi (A la différence de Paris où ce sont surtout les classes populaires et moyennes qui prennent le métro, ici c’est surtout, les classes moyennes supérieures qui l’utilisent. Le métro est bien connoté socialement).

Éreintés, on va se coucher.

[5.30; a.m]

{Pendant ce temps sous nos fenêtres}

PAN PAN PAN PAN PAN!!! PAN PAN PAN!! PAPAPAPA PAN PAN PAN!

– « Heu Simon…. C’est quoi ça? »

–  » Des feus d’artifices gros. »

–  » Ah les salauds… »

Je l’avoue, j’ai cru à des coups de feu au premier abord. Quand même ils exagèrent. Des feus d’artifice à 5h30… y’avait moyen de s’abstenir quoi. Allez, il est 3h ici, je dois dormir (dans 2h30, je vais peut-être y avoir encore droit!)

4 Comments

Add yours
  1. atakalamir

    Bien la Palest »inde » alors!
    300 roupies le bol d’air conditionné:et tu as payé »roubie » sur l’ongle!
    Amusant que tu refasses une quasi coloc transitoire avec Simon!l’autre moitié de la coloc 2013/2014 en est-elle jalouse?
    « Un mail rapide aux parents au taquet et le problème est réglé en quelques heures. »: oui,on a l’impression d’être les routeurs des skippers de la route du rhum(ou plutôt de la route de la soie en l’occurrence!)
    un rickshaw au GPL! ça ne te rappelle pas une certaine voiture?
    « ma carte ne passe pas »: ah la solidarité entre la banque(Société Gén(ér)iale) et les parents!!

    • atakalamir

      En Finistère il fait froid! toi tu as « les rickshaws(réchauds) au gaz »:quelle chance! je n’ai pas pu m’en empêcher…

    • atakalamir

      Au fait Vincent,tu penses aussi rejoindre (avec JC et Ben) le reste de la coloc en Inde pour les fêtes de fin d’année?Ah,non, pas possible il vous manquera des vaccins…

+ Leave a Comment