Balenciaga au Musée Bourdelle ou la célébration du noir


Cristóbal Balenciaga est un homme aux multiples facettes. Appelé le « couturier des couturiers » il est à la fois dessinateur, tailleur et sculpteur. Il nait à la fin du XIX siècle à Getaria, au Pays Basque espagnol. Fils d’un marin-pêcheur, sa passion et son talent pour la couture lui viennent de sa mère couturière. Entre deux guerres, dans une Espagne fasciste il crée une maison de haute couture, depuis incontournable.

Des croquis et prototypes inédits en toiles à patron jusqu’aux modèles les plus abstraits de ses dernières collections, le Musée Bourdelle et le Palais Galliera nous offrent une rétrospective sur le travail du grand couturier. Au travers d’une centaine de créations mythiques, cette exposition tente de nous faire comprendre comment son art utilise les différentes matières et par quelle alchimie les éléments apportés deviennent vêtements.

Quand les créations de Balenciaga communient avec les sculptures de Bourdelle

On y (re)découvre l’univers poétique du créateur et plus particulièrement sa relation au noir qui participe à l’affirmation des formes, apporte de la densité aux volumes et offre une intensité si particulière. Si Cristóbal Balenciaga aime tant travailler avec cette non-couleur, c’est qu’elle lui offre la possibilité d’expérimenter les différents tissus ainsi que leurs propriétés tout en jouant avec les tonalités infinies du noir. Il ne serait pas juste d’affirmer que cette exposition est monochrome, car une dizaine de pièces exposées présentent des touches de blanc ou de rose (couleur particulièrement affectionnée par le créateur).

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Un des traits caractéristiques de Balenciaga est sa manière de défaire les formes traditionnelles. Ses vêtements deviennent alors objets indépendants des corps qu’ils habillent.  Sa formation de sculpteur apparaît alors comme une évidence : les pièces exposées se fondent parfaitement au milieu des sculptures d’Antoine Bourdelle.

balenciaga

Cette exposition est le premier volet d’une saison espagnole organisée par le Palais Galliera.
Le deuxième volet se déroulera à la Maison Victor Hugo qui présentera les Habits aux couleurs de l’Espagne à travers plus de 80 costumes et accessoires traditionnels espagnols datant du XIXème siècle au début du XXème siècle, accompagnés du travail du photographe José Ortiz Echague. Enfin c’est le travail révolutionnaire (à l’époque) du couturier et artiste Mariano Fortuny qui achèvera cette saga au Palais Galliera.

Je conseille cette exposition à tous les étudiants en mode et en art – car elle permet d’avoir accès à des pièces rares issues d’un fond espagnol et des archives de Paris – mais aussi à tous les amateurs et amatrices.

Éducative car elle retrace toutes les étapes dans la création d’un vêtement et envoûtante tant les pièces exposées sont singulières, elle reste très accessible aux âmes moins sensibles à la mode.

Le petit plus : le jardin du Musée Bourdelle sera l’endroit propice pour un débriefe de l’exposition sous le soleil parisien.

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Conçue par Olivier Saillard, Balenciaga ou l’œuvre au noir est à visiter jusqu’au 16 juillet 2017.

Informations pratiques :
16 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris
Du mardi au dimanche de 10h à 18H
Fermé les lundis et les jours fériés

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