Bordélique Palestine


Après l’annonce malvenue de mon retour forcé en France avant le 22 septembre, il est grand temps de profiter des peu de jours qu’il me reste à passer ici. Nous partons donc jouer à la guerre avec les Palestiniens. La dernière fois que j’ai fait du paint-ball, un chien m’a croqué le genou à pleines dents. Mais je ne suis pas superstitieux ! 🙂

On arrive sur les lieux. On doit patienter, attendant que le groupe précédent achève sa partie. Heureusement pour nous, il semblerait que ce groupe soit très peu fin et discipliné. ça tire dans tous les sens, n’importe comment. Même au paint-ball, la Palestine c’est le bordel. Un fusil s’enraye, provoquant un bruit qui, dans nos imaginaires collectifs équivaut à celui d’une mitrailleuse. Tout le monde gueule! Au final, chacun finit ses 200 balles en 10-15 min. Je trouve ça affligeant cette débauche de tirs irréfléchie. Mais tout le monde est content et on peut rentrer en piste rapidement. A leur décharge, le terrain de jeu est très restreint et leur nombre est beaucoup trop important, expliquant pour partie le bordel innommable. Nous, on n’est que 6, 3 vs 3. Emilien, Hamza et moi contre Cam, Mohammed et un autre gars. Ils ont l’avantage du terrain, et restent souvent planqué. Je n’ai pas des chaussures adaptées. ça m’emmerde pas mal de les salir. Déjà avec un état d’esprit comme ça à la guerre, je ne suis pas prêt de survivre. Faire la guerre, c’est super physique, au niveau des jambes et du haut du corps. Il faut sans cesse faire des flexions, ramper, etc. On transpire beaucoup avec l’adrénaline. Avec des types qui gueulent en arabe autour de vous, le paintball ressemble de plus en plus à Call of Duty! On passe un très bon moment. Le 6e gars dont je ne connais pas le nom a de gros problèmes de surpoids, c’est de famille apparemment. Il a énormément de mal à marcher. En tout cas, en Palestine il y a beaucoup plus de gros que je ne pensais, surtout chez les gamins. Du coup ce gars a beaucoup de difficultés à rentrer à pied. Pauvre vieux, il finit par prendre un taxi. C’est l’heure du traditionnel knafe avant de rentrer sur Laylac.

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Le lendemain, Go to Ramallah pour rencontrer Rawan, une palestinienne rencontrée à Sciences Po l’année dernière et pour trouver Euro-Med. On commence par Euro-Med. Et alors pour le coup je ne m’étais pas trompé la dernière fois que j’avais dit qu’Euromed c’était un peu comme une société écran du Lichtenstein. Le truc est introuvable. Ce qui est vraiment agaçant en Palestine, c’est qu’il n’y a pas de numéro dans les avenues. Pire, quand tu demandes quelque chose aux Palestiniens, jamais ils ne disent qu’ils ne savent pas, ils t’indiquent une direction, souvent vague. Et le problème, c’est qu’au début tu ne le sais pas. Du coup, on fait la navette dans la rue Al Irtsal sous un cagnard de fou telles des girouettes au gré des indications contradictoires. On tombe sur une immense tour avec pleins de drapeaux européens (ils doit bien y avoir des gens qui parlent anglais là-dedans!) dans laquelle on trouve (enfin) une personne qui parle Anglais. Elle nous indique la route inverse…. Bon on trouve un building qui apparemment s’appelle Al-Irstal mais la confiance ne règne pas, on dirait plutôt une galerie marchande. On le fouille de fond en comble, on demande à tout le monde, PERSONNE n’a entendu parler d’Euromed. Une femme nous conseille de chopper un taxi à la Moujama de Ramallah pour aller à un autre Al Irtsal Building. Les gars me disent que ça leur fait penser aux 12 travaux d’Astérix, quand ils se retrouvent dans la maison des fous et qu’ils cherchent le laissez-passer A38.

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Le taxi nous dépose devant un building. Bon, première chose rassurante, le building s’appelle bien Al-Irtsal. On va au 4e étage comme indiqué sur le site internet. On demande à une femme qui nous dit qu’Euromed est à la 2e porte d’entrée du building, le labyrinte continue. Et BIIM! En suivant les indications de la demande, on se retrouve face à la pancarte d’Euromed, chacun entame sa petite danse de célébration personnelle devant l’accomplissement que représente la trouvaille d’Euro-Med. Sauf que, en parcourant le bâtiment malgré l’aide d’un Vigo Mortenssen palestinien, il s’avère qu’Euro-Med a bougé, comme me le confirme un type vraiment serviable. Là vraiment le découragement nous gagne.

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Du coup, comme on est au point mort sur le dossier Euro-Med on va voir Rawan à Birzeit, sauf qu’Emilien n’a pas pris son passeport et l’agent de sécurité de l’université est un vrai con, donc il ne nous laisse pas passer, il a peur qu’on soit juifs. Putain, la connerie existe des deux bords.. C’est comme un checkpoint. Du coup, je ne vois que très peu Rawan. C’est assez frustrant. Mais je vais la revoir avant de partir !

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