Certaines femmes : un magnifique western féminin


Trois histoires, quatre femmes seules, le Montana, sa lumière hivernale et sa faune.

Voici le pitch du dernier film de la réalisatrice indé américaine Kelly Richard. On ne peut pas en dire beaucoup plus car les histoires chez cette réalisatrice ne sont pas très romanesques, l’humour n’est jamais très drôle et la tristesse pas vraiment triste.

Et pourtant, on sort emballé de ce film : de l’ennui, de la tiédeur…pas du tout, bien au contraire ! C’est un film passionnant, où ces histoires de femmes sont montrées avec beaucoup de pudeur et de justesse.

Nous débutons avec Laura – Laura Dern, égérie de David Lynch -, avocate, qui a affaire à son client Fuller, un looser qui finira par la prendre pathétiquement en otage. Ensuite, on retrouve Gina – Michelle Williams, muse de la cinéaste depuis ses débuts -, emmenant son mari et sa fille dans leur cabane forestière pour le week-end. Enfin, la dernière du trio est Beth – Kristen Stewart, nouvelle reine du ciné-indé US -, jeune professeure qui donne des cours du soir dans cette petite ville du Montana et dont Jamie tombe amoureuse.

Portraits croisés de femmes

Mis à part le mari de Gina qui est l’amant de Laura, et Jamie qui entrera furtivement dans le cabinet de Laura, ces trois histoires ne s’entremêlent pas vraiment. Pourtant, elles raisonnent entre elles avec limpidité. Il s’agit de 4 femmes victimes de l’endroit où elles habitent : le Montana, présenté ici comme un lieu où l’évolution sociale, économique et culturelle semble impossible.  Mais aussi victimes de leur situation personnelle. Laura est une avocate, mais victime du machisme. Gina est une mère peu défendue par son mari. Beth est obligée de faire 4 heures de trajet pour donner un cours. Quant à Jamie, palefrenière lesbienne, elle n’arrivera pas à être aimée de Beth.

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Certaines femmes film

La réalisatrice ne condamne cependant pas ses personnages, elle leur donne une dignité et une humanité supérieure à tous les autres personnages. Finalement, si les histoires évoluent, c’est grâce à elles et non à leur entourage. Jamais une plainte venant de ces quatre personnages, mais une force intérieure qui les élève. Féministe, mais pas vindicative, Kelly Richard ne rend pas belles ses actrices par des artifices (lumière, maquillage, costume, dialogue…), mais par une mise en scène qui laisse toute la place à ces femmes.

Modeste, constant et non sentencieux, ce film est somme toute touchant. Du grand cinéma indépendant américain !

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