Daniel Buren et les oeuvres in situ


Daniel Buren est actuellement un des artistes français les plus renommés sur la scène internationale contemporaine. Après une période où il revendiquant le degré 0 d’intervention en peinture pour mieux montrer ces limites, il recentre son travail sur les œuvres réalisées in situ. Il s’agit de les adapter à leur environnement : architecture, lumière, fréquentation, espace urbain ou non…

C’est dans cette optique que Daniel Buren a réalisé de nombreuses expositions dans le rue, pour finalement se rattacher au système traditionnel de l’art (musées et galeries). Effectuer des travaux in situ implique forcément de ne pas pouvoir déplacer ses œuvres une fois l’expo terminée au risque de manquer cruellement de cohérence. Daniel Buren détruit donc toutes ses expositions temporaires.

Une cohérence remarquable

Rien que le fait de détruire des travaux qui ont demandé des mois de travail montre toute la logique de cet artiste contemporain. Daniel Buren a ainsi toujours fait preuve d’une extrême rigueur. En peinture, il n’a utilisé que des bandes de couleurs ou noir et blanches, toutes espacées de 8,7 cm. Sa marque de fabrique pour imprimer sa patte graphique dans l’œil du visiteur.

Daniel Buren Bandes Noir et blanches

Ce motif lui permet également d’adopter une approche industrialisée, voire impersonnelle. Sa carrière prendra son envol dès 1968 grâce à une exposition à la galerie Apolinaire de Milan, faisant suite à de nombreuses actions directement dans la rue et dans le métro (hommes sandwichs, tracts, etc.).

Les commandes publiques

La consécration arrive en 1986 avec sa première grande commande publique : repenser la cour du Palais Royal suite à la demande du ministre de la Culture de l’époque : Jack Lang, sous la présidence de François Mitterrand. Il va mettre en place « les Deux Plateaux », que l’on surnomme plus sobrement les Colonnes de Buren. Entièrement en marbre, les colonnes situées à différentes hauteurs arborent le célèbre motif rayé à bandes espacées de 8,7 cm.

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Grand palais Daniel Buren

L’espace devient de plus en plus central au fil des années pour Buren qui multiplie les coups d’éclat. A Nantes, il intègre les jeux de lumières avec ces anneaux disposés le long du Hangar à bananes (haut lieu de la vie nocturne nantaise) située sur l’île de Nantes. Mais c’est au Grand Palais que la lumière prend toute son importance lors de son exposition « Excentriques, travail in situ ».

Vous pouvez écouter une interview de l’artiste :

Même à 76 ans, Daniel Buren continue d’être actif en investissant les toits de la Cité Radieuse à Marseille, un bâtiment imaginé par le Corbusier et désormais monument historique. Cette exposition baptisée « Défini, Fini, Infini, Travaux in situ » s’inscrit dans le vaste programme visant à faire de Marseille une des capitales européennes de l’art contemporain.

Un artiste prolifique

Daniel Buren a parfaitement réussi à exporter son concept de travail in situ à travers le monde. Prolifique, on retrouve ses créations dans des pays comme les Etats-Unis, l’Espagne, le Japon, l’Allemagne, l’Italie… et dans de très nombreux musées. Une liste est d’ailleurs disponible pour plus de détails. Enfin, il a reçu deux prix prestigieux pour son oeuvre :

  • Le Lion d’or de la biennale de Venise en 1986
  • Le Praemium Imperiale remis en 2007 par l’Empereur du Japon lui-même. Une distinction considérée par la profession comme le prix Nobel pour les arts visuels et décoratifs
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Par son travail, Buren a remis en question la toute puissance de l’œuvre d’art. Elle dépend désormais de son environnement et a une forte dimension décorative. Le lieu d’exposition devient ainsi l’atelier de l’artiste (in situ), renversant totalement la perspective traditionnelle.

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