This is England un film-documentaire sur les Skinheads


Sorti en 2007, This is England a été considéré comme un des meilleurs films anglais de l’année. Le réalisateur Shane Meadows a voulu retranscrire le plus fidèlement possible le mouvement Skinhead des années 80. L’action prend place dans une petite ville côtière du Nord de l’Angleterre où le jeune Shaun, joué par Thomas Turgoose, vient récemment d’emménager avec sa mère après la mort de son père lors de la Guerre des Malouines.

Les ravages de l’époque Thatcher

Shaun est rejeté par ses camarades de classe à cause de ses habits passés de mode, il adopte donc un comportement particulièrement solitaire. Jusqu’au jour où il croise la route d’une bande de Skinheads. Ces derniers sont très loin des méchants bougres que l’on peut s’imaginer, on pourrait plutôt les qualifier de nihilistes obéissant à un code vestimentaire de la contre-culture. En effet, le mouvement Skinhead est très complexe. Au départ, il regroupait aussi bien les blancs et les noirs qui aimaient la musique jamaïcaine, la bagarre et avaient une origine sociale modeste.

This is England

Avec la vague punk de la fin des années 70, l’augmentation du chômage et des inégalités à cause de la politique néolibérale de Margaret Thatcher (point de vue subjectif c’est vrai) les Skinheads vont se radicaliser et nombre d’entre eux vont devenir politisés, adoptant les idéaux nationalistes du National Front. This is England matérialise ce tournant avec le retour de Combo, un ex-taulard, qui va rapidement pourrir l’ambiance et profondément diviser la bande. Il va jouer sur la mort du père de Shaun pour convertir celui-ci à sa cause.

Une jeunesse perdue

Combo se révèle être une sorte de gourou qui exploite les peurs de ses amis. Mais il est lui aussi en proie à ces différentes peurs. Il se sent rejeté par la société et par les autres. Sa famille ne s’est jamais occupé correctement de lui et la fille qu’il aime le rembarre sans ménagement. Ce qui va conduire Combo à commettre beaucoup de conneries.

This is England n’adopte aucun point de vue moral sur tout ça, hormis une certaine bienveillance envers la violence, la mettant sur le compte de la détresse affective. Mais il ne faut pas oublier que Shane Meadows a lui-même a été un Skinhead dans sa jeunesse. Il veut surtout montrer le formidable gâchis de cette génération sacrifiée. Le pari est plutôt très bien réussi.

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