Get Out : quand le racisme devient un eugénisme


Cette semaine, nous revenons sur Get Out, film réalisé par Jordan Peele dont l’originalité nous a particulièrement séduit. Le film aborde en effet sous un angle assez novateur le problème du racisme aux Etats-Unis.

Mais avant d’expliciter davantage, rappelons brièvement le synopsis du film. Chris, afro-américain beau gosse, fréquente Rose depuis quelques mois. Leur relation devenant sérieuse, le couple s’apprête à passer le week-end chez les parents de celle-ci, de riches notables ruraux propriétaires d’un grand domaine à la campagne. Mais Chris n’est pas tranquille. Il sait le racisme latent auquel il s’expose potentiellement en y allant. D’autant plus qu’il est le premier copain noir de Rose. Il se laisse pourtant emmener, par amour pour elle.

A peine ont-ils pris la route que les mauvais présages s’accumulent. Tour à tour, ils renversent un élan, puis, le policier chargé de faire le constat fait preuve d’un racisme ordinaire envers Chris, en lui demandant spontanément ses papiers. Ils arrivent à la maison et d’emblée, on est mal à l’aise. Les minutes passent et il nous apparait qu’un piège se referme peu à peu sur Chris. Les domestiques de la maison sont évidemment noirs. Leur servitude volontaire envers leur maître est très étrange, « digne de ce qui pouvait exister au 19e siècle » dit d’ailleurs Chris. Un peu à l’image du maitre de maison noir joué par Samuel L. Jackson dans Django.

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Plus étrange encore, la mère de Rose se montre plutôt insistante pour faire une séance d’hypnose à Chris, supposément pour le débarrasser de son addiction pour la cigarette. Très peu pour lui évidemment, il n’est pas question de la laisser entrer dans sa tête. Mais alors qu’il est sorti en fumer une pendant la nuit, elle le prend par surprise et l’hypnotise malgré lui. L’engrenage fatal est lancé. L’enfer peut commencer.

get out film

Get Out est une montée d’angoisse permanente, qu’on trouve d’ailleurs un peu surfaite au début avec une utilisation un peu trop évidente de la bande-son qui nous indique presque quand il faut avoir peur. Mais l’intrigue prend le relais rapidement et la bande-son retrouve son rôle d’accompagnateur. Scène après scène, le film se fait de plus en plus glaçant. Pour autant, il ne peut se réduire à un simple thriller bien ficelé. Il prend le problème du racisme par un bout plutôt original en reprenant la croyance en la supériorité sexuelle et physique des noirs sur les blancs. Complexe d’infériorité qui débouche ici sur une sorte d’eugénisme, où il s’agit de s’approprier ces caractéristiques tant enviables.

Un contexte évidemment compliqué à expliquer sans vous dévoiler l’intrigue du film, il ne vous reste donc plus qu’à filer au cinéma, en gardant à l’esprit une chose: Ce n’est pas vraiment un film pour se détendre.

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