Vincent Mercier capture toute la beauté de La Grande Motte


La ville de la Grande Motte ne ressemble à aucune autre. Symbole du tourisme de masse français, elle en fait aujourd’hui grimacer plus d’un. Imaginée par l’architecte Jean Balladur, sa conception a pourtant tout d’une oeuvre unique et avant-gardiste. Au travers de ses clichés, Vincent Mercier capture toute la beauté et le modernisme de cette ville « hors du temps ».

Un Projet hors-norme

France, début des années 60. La démocratisation de l’automobile et l’émergence d’une nouvelle classe moyenne drainent un nombre record de vacanciers sur les routes. Les stations balnéaires de l’Espagne franquiste sont à la mode et les côtes françaises manquent d’infrastructures. De Gaulle charge alors Pierre Racine d’aménager le littoral du Languedoc-Roussillon en y créant plusieurs stations touristiques sur 240 km de côtes méditerranéennes. Le projet est ambitieux. A l’époque, les côtes de la région ne comprennent que quelques stations balnéaires désuètes et l’environnement paraît peu favorable. La Grande Motte n’était alors qu’une zone marécageuse qui attirait des nuées de moustiques. Principal projet du plan d’aménagement du gouvernement, sa conception est confiée à un architecte de génie : Jean Balladur.

La vision de Jean Balladur

Avec son équipe, il crée une ville à l’avant-garde qui intègre déjà tous les aspects d’une conscience écologique et environnementale : espaces verts, couloirs biologiques, circulation piétonne et cycliste, art dans la rue et parking à l’entrée de la ville. Philosophe de formation, il attache une importance primordiale au bien-être des habitants.

« La fonction première de l’architecture est de faire habiter le monde par l’homme avec sûreté, ce qui revient non pas à mettre l’homme dans le monde mais à mettre le monde dans l’homme. »

Tout est fait à la Grande Motte pour surprendre et émerveiller. Les formes pyramidales ou conchoïdales des bâtiments permettent un accès de tous au soleil sans barrer l’horizon contrairement à une architecture rectiligne. Protégée du vent par son implantation, la ville baigne dans la lumière grâce à la clarté de ses murs. Les espaces verts représentent 70% de l’espace urbain et embaument toute la ville de leurs odeurs. La circulation y est également facilitée grâce à un réseau de chemins pour les piétons et les vélos séparé des axes de circulation automobile.

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Une ville pas comme les autres

Ce qui frappe également en arrivant à la Grande Motte c’est l’uniformité et en même temps l’extrême diversité architecturale. De 1968 à 1988, l’architecte dessine avec son équipe une ville à son image : des immeubles aux transformateurs EDF en passant par l’église ou le cimetière. Pourtant, aucun bâtiment ne se ressemble et tous créent la surprise par leurs habillage toujours différents. D’un quartier à l’autre de la ville, les pyramides laissent la place à de nouvelles formes : conques, bonnets d’évêque ou maisons individuelles.

Surnommé le « père des pyramides », Jean Balladur restera l’un des rares architectes du 20ème siècle à avoir construit avec son équipe d’une soixantaine de personnes une ville entière.

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