Interview de Blow : un groupe électro-pop à suivre de près


On a rencontré BLOW, le quatuor de la French Touch 2017. Jean-Etienne, Thomas, Quentin et Pierre-Elie, de grands amis qui se connaissent par cœur, unis et synchronisés comme les quatre cordes du violon.

Alors attention, à partir de cet instant, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.

Thomas : Haha, bien joué ! Je sens que ça va être drôle, on va s’amuser.

Parlez-moi un peu de la fabrication de votre nouvel EP Fall In Deep ?

Thomas: Tain c’est pas marrant ça !

Pierre-Elie: Par fabrication, tu entends processus de composition ? Au niveau de la conception, de notre façon de travailler pour mettre en place un EP, c’est un peu toujours le même processus.

Quentin : On élève des lapins et c’est celui qui a le lapin le plus reproductif qui gagne, qui a le droit de lancer le premier jet ! Tout est une question d’agriculture !

Pierre-Elie: Non, sans déconner, c’est un vrai travail d’équipe.

Thomas : Le plus chaud lapin…

Pierre-Elie: C’est de l’échange d’idées, de riffs.

Thomas: Je sens qu’on est parti pour un truc vraiment chelou, ça va être cool !

Si vous associez votre musique à d’autres œuvres picturales, littéraires, ce serait quoi ?

Jean-Etienne: Magritte.

Quentin : François Damiens. Parce que la seule fois où je suis sorti avec un mec c’était avec Jean, à Bruxelles. On était dépressifs, on s’est perdu à Bruxelles tous les deux, et on a fini par se retrouver.

Et là, vous étiez donc très heureux ?

Quentin : On était très heureux et on s’est dit qu’on allait faire un groupe. Avec Thomas, avec P-E, au départ on s’était dit qu’on leur dirait pas ce qui s’était passé. On a fini par leur dire, et tout est parti de là. Un voyage entre copains à Bruxelles. Au bout du voyage on ne voyait plus la surface et on a fini par ressortir la tête de l’eau dans un bar, très tard, à Bruxelles.

Tous: ça part carrément en live.

(rires)

Dans le clip You killed me on the moon, il y a une scénographie pareille aux fictions comme Les Revenants, quelle avait été votre inspiration ? 

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Quentin: Alors ça c’était en hommage à notre coming out à Jean et moi.

(rires)

Pierre-Elie: Ça suffit !

Quentin: Il faut revenir de parmi les morts.

Jean-Etienne: Je subis.

Quentin: Plus sérieusement pour cette question, toute l’idée du clip a été travaillée avec l’équipe de notre label. Une vraie collaboration avec le label essentiellement. Ils avaient des idées sur le changement de comportement qui peut être lié parfois à la pleine lune et ils sont partit sur le trip des enfants un peu sauvageons qui venaient d’on ne sait pas où et qui s’en prenaient aux sangsues de la société, c’est à dire des adultes avides de pouvoir et d’argent, qui se vengeaient un peu gratuitement. On a pu nous dire que c’était un peu de la violence gratuite, le clip, après on trouvait ça intéressant, bien fait, on aimait bien l’idée des chevaux, des torches dans la foret. C’était très visuel aussi. On a bien aimé l’esthétique qu’ils proposaient donc on est partit là-dessus.

Parlons séries, est-ce que vous regardez des séries ?

Narcos. (imitent la voix du mafieux).

Quentin: J’ai baigné dans les films de mafieux, de par mon père qui est fan du cinéma américain mafieux, Il était une fois en Amérique, les Coppola, les Parrains, j’ai beaucoup aimé les Sopranos. Dans Narcos il y a un scénario et des personnages de malade, t’en viens à t’attacher à lui alors que c’est une vraie pourriture.

Jean-Etienne: Breaking Bad et Game of Thrones, The Wire aussi… Après on pourrait passer des soirées entières à en parler. Un bon thème pour une prochaine interview !

Jean-Etienne, guitare

Thomas, moog/basse

Séquence émotion, retournons en enfance: vos racines musicales ?

Jean-Etienne: Walt Disney

Quentin: Francis Cabrel, Daniel Balavoine

Pierre-Elie: Joe Dassin

Thomas: NTM, du métal…

Quentin: Gainsbourg, beaucoup de hip-hop, Tupak, Dr Dre, Gainsbourg et Balavoine.

Thomas: R Kelly, toujours là dans les moments difficiles, mon bon vieux Robert.

Une influence par personne ?

Pierre-Elie: Radiohead

Jean-Etienne : Thrice

Thomas: Jaco Pastorius

Quentin: Putain, c’est dur. Fool to Cry des Rolling Stones, dans l’émotion et l’esprit, si je devais en choisir un aujourd’hui, maintenant, peut-être que demain ça ne sera pas le même.

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Parlez-moi un peu de votre toute nouvelle compilation de remixes ?

Quentin : On l’a mis en oeuvre avec notre label DDM Recordings. On avait fait beaucoup de remix sur le premier EP, 9 remixes, donc c’était super mais ça partait un peu dans tous les sens. Sur celui-là on s’est concentré sur un remix de chaque titre, 4 remixes, on a démarché un peu partout puis on s’est fixé avec notre label. On ne peut pas parler pleinement de cet EP sans avoir notre label aussi à côté parce que ça a été une collaboration de chaque instant, dans les choix, etc. Mais on est très content, le remix de French 79 est hyper bien. Ils sont tous bien mais j’ai un petit coup de cœur pour The Way We Do de French 79.

On dit qu’il faut viser la lune pour retomber dans les étoiles, où sont vos étoiles après le Ritz ? 

Thomas : Elles sont là, aujourd’hui. On est une bande de potes qui jouent ensemble, les étoiles on y est.

Quentin : Après le Ritz on va dans des couloirs sombres, les étoiles sont au bout, il faut parfois creuser très longtemps pour voir la vraie lumière tu sais ? Nos étoiles, comme disait Thomas, on est des amis de très longue date, limite potes d’enfance donc c’est toujours hyper cool d’avoir un groupe et de faire de la musique entre potes mais là on est vraiment de vieux vieux amis, en dehors de la musique, on a connu pleins de choses, des moments difficiles, des supers souvenirs, on est vraiment amis. C’est particulier d’avoir ces sensations-là, de créer des morceaux, de faire des live quand t’es avec des vieux potes. C’est un peu mielleux de dire ça mais c’est vraiment la vérité.

Après cette interview lolesque et sans filtre, on a eu le plaisir de vivre BLOW en concert, magique !

Crédits photographiques: Samuël Berthet.

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