« Julieta » de Pedro Almodóvar : une esthétique folle


Quand on sort de la projection du nouveau Pedro Almodóvar, « Julieta », c’est le premier ressenti qui nous traverse. Celui d’avoir assisté à une maîtrise de l’esthétique incomparable de bout en bout, que ce soit dans le choix des lieux, de la luminosité, des couleurs, des objets ou encore des vêtements des différents personnages. Almodóvar nous délivre simplement quelque chose de très beau. Parmi les éléments les plus marquants, on citera cette fantastique maison de pêcheur irradié par la mer et ce train espagnol des années 80.

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C’est dans cet univers esthétisé à l’extrême que se déroule l’intrigue mise sur pied par le cinéaste espagnol. Julieta se prépare à partir au Portugal avec son compagnon Lorenzo lorsqu’elle apprend des nouvelles de sa fille Antia, qu’elle n’a pas vu depuis plus de douze ans, par le biais d’une ancienne connaissance. Notre héroïne est alors ramenée de plein fouet à cette blessure originelle, jamais totalement pansée.

La culpabilité : pièce centrale de Julieta

Si le spectateur est au départ plongé dans l’inconnu, il va comprendre au fur et à mesure les rouages du scénario de Don Pedro, en même temps que Julieta plonge dans ses souvenirs pour écrire une longue explication autobiographique à sa fille où on sent son intense désir de s’expliquer. Une plongée dans le passé qui permet à Almodóvar de mélanger les époques et les personnages. Si Emma Suarez occupe le prologue et la fin de ce long métrage, c’est Adriana Ugarte qui remplit le rôle de Julieta à son épicentre.

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Julieta film de Pedro Almodovar

Par sa mélancolie, le film nous restitue ainsi de manière habilement condensée les périples d’une vie marquée par des épreuves et des pertes. Cette histoire tragique d’une séparation brutale avec ses enfants, que connaissent finalement beaucoup de parents, acquière alors une force nouvelle, en résonance avec la sublime esthétique de la forme.

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