La psychanalyse de Jeanne d’Arc par Luc Besson


Jeanne d’Arc, la libératrice d’Orléans, a suscité un engouement immense dans la littérature, la peinture et plus récemment le cinéma. Avec son film éponyme sorti en 1999, Luc Besson essaye d’apporter une nouvelle vision sur une des figures du moyen-âge et de la chrétienté.

Cette période de l’histoire se prête particulièrement bien à un film : la guerre de cent ans, des victoires qui relèvent du miracle, de nombreuses intrigues politiques… Le contexte est particulièrement riche et Luc Besson va plus ou moins bien réussir à se l’approprier, même si on regrette un cruel manque d’informations géopolitiques.

Pour la vengeance ?

Au milieu de cette guerre pour le pouvoir, avec un Dauphin de France acculé par les Anglais et les Bourguignons, Jeanne d’Arc dégage une impression de naïveté. Agée de seulement de 19 ans et illettrée, elle se prétend le réceptacle de la parole divine lui enjoignant de chasser les Anglais du continent.

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C’est ici que la patte de Luc Besson est intéressante. Il fait l’hypothèse d’un choc traumatique lors de l’invasion de son village natal en Lorraine : le viol et le meurtre de sa soeur adorée par des soudards de l’armée anglaise. La pucelle d’Orléans se mettrait alors à voir des signes où il n’y en pas, utilisant la parole de Dieu pour sa vengeance personnelle.

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La fin du film prend d’ailleurs l’apparence d’une séquence de psychanalyse freudienne. Elle voit un vieil homme encapuchonné de noir, magistralement interprété par Faye Dunaway, qui lui fait comprendre ses erreurs. Au final, Besson nous donne l’impression d’une Jeanne d’Arc hystérique, traumatisée mais débordante d’énergie et de culot.

Jeanne d’Arc : une folle survitaminée ?

Selon le réalisateur, c’est cette qualité qui lui aurait permise d’impressionner ses contemporains tel que Gilles de Rais et de prendre part à des victoires exceptionnelles comme la levée du siège d’Orléans. Des historiens se demandent même si Jeanne d’Arc n’aurait pas été qu’une simple mascotte, les opérations militaires étant menées par le Comte Dunois. Ces événements aboutiront en tout cas au sacre de Charles VII à Reims, conformément à la prophétie de Jeanne, lui accordant encore davantage de crédibilité.

Jeanne d'Arc par Luc Besson

Pour ce qui est du film de Luc Besson, il marque la professionnalisation incontestable de sa technique permettant l’émergence d’EuropaCorp grâce au soutien du groupe Gaumont. Cette fresque historique fait appel à de nombreux effets spéciaux très bien réalisés, des centaines de figurants et à une très bonne reconstitution des décors et des habits de l’époque. Jeanne d’Arc révèle également au grand jour l’actrice Milla Jovovich, auparavant plus connue pour sa carrière de mannequin. On peut tout de même critiquer la longueur du film : 2H40, où l’action s’essouffle parfois un peu.

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Vers l’international

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Les studios EuropaCorp ont réalisé un chiffre d’affaire de 185 millions d’euros en 2012 pour un bénéfice avoisinant les 20 millions. La société revient dans l’actualité avec une levée de fonds spectaculaire de 450 millions d’euros auprès de plusieurs banques américaines pour son développement à l’international. Elle se tourne donc davantage vers la langue anglaise mais compte bien maintenir ses sites de production dans l’hexagone.

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