Makala : allégorie africaine


Dans nos sociétés occidentales, on s’aperçoit que les travaux « ingrats » sont principalement occupés par des personnes d’origine étrangère. Qui ne s’est pas demandé comment, à leur place, il pourrait effectuer ce genre de job ? Comment ces gens font pour le supporter ? Makala nous offre un élément de réponse en nous confrontant à la réalité qu’ils ont pu vivre dans leur pays d’origine par l’allégorie d’un charbonnier. Il montre ainsi par la même occasion la formidable résilience face aux événements de la vie que l’homme est en capacité de développer.

Le choix artistique du film-documentaire – Makala a reçu le Grand Prix de la semaine de la critique et l’Oeil d’Or à Cannes, sorte de Palme d’or du documentaire – fait pleinement sens pour réellement immerger le spectateur dans le quotidien de ce jeune charbonnier congolais. Quand il coupe des arbres pour obtenir la matière première nécessaire à son activité, nous tenons la hache avec lui, quand il effectue 50 kilomètres à pied en traînant un nombre incroyable de sacs de charbon sur un simple vélo, nous souffrons avec lui, quand il se réfugie dans la prière, nous prions également avec lui.

Si l’art du cinéma réside dans le fait de donner des émotions au spectateur, Makala l’honore. Du calme des steppes africaines au brouhaha et à la saleté de la ville, nous vivons au rythme du Congo pendant plus de 1h30, quitte parfois à ressentir de l’ennui face à certaines scènes étirées à l’extrême pour montrer la lenteur de chaque action face au manque de moyens. C’est également un film pleinement humaniste en nous faisant vivre le quotidien d’une population défavorisée autrement que dans nos fils d’informations quotidiens : nous nous mettons à la place de l’autre.

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Tout au long de Makala, on s’interroge sur les méthodes de tournage au plus près du personnage principal et sur l’avenir de ce dernier. Nous avons pu en apprendre davantage lors d’une rencontre avec les équipes du film. Pour le tournage des scènes, le réalisateur Emmanuel Gras donnait de simples consignes aux acteurs sur ce qu’il attendait comme messages en les laissant se mouvoir et échanger librement selon leurs expériences. Concernant l’avenir du personnage principal, Kabwita Kasongo, il a désormais sa propre maison grâce au tournage et emploie plusieurs personnes dans le charbon. On souhaite désormais que le plus du monde possible découvre son histoire !

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