Manifesto de Julian Rosefeldt présente une Cate Blanchett aux multiples visages


L’artiste berlinois Julian Rosefeldt, connu mondialement pour ses vidéos et ses installations, a décidé de répondre à une commande de plusieurs instituts ou musées dont l’ACMI – Australian Centre for the Moving Image Melbourne.

Il reprend des manifestes célèbres du XXe siècle de mouvements radicaux – le Surréalisme, le Dadaïsme, le Dogme – et les fait réciter par Cate Blanchett, l’actrice australienne oscarisée de Blue Jasmine, Carol ou encore I’m Not There.

« Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir par principe aucun » clame-t-elle en récitant le Manifeste Dada de Tristan Tzara

Chaque vidéo représente un contexte très identifiable – un ouvrier dans une usine, un SDF sur un terre-plein, une maîtresse d’école dans sa classe – mais avec un décalage entre le manifeste et la situation montrée. Ainsi, on voit la comédienne grimée en plusieurs personnages comme par exemple cette femme marionnettiste qui, dans son garage , fabriquant sa propre marionnette, récite le manifeste du Surréalisme d’André Breton.

« L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »

Un mélange de drôlerie, de bizarrerie et de malaise opère dans ce court métrage comme dans tous les autres. Dans la salle des Beaux-Arts, les 13 écrans projettent les 13 vidéos simultanément. C’est une sorte de cacophonie maîtrisée et surtout voulue par l’artiste. Une séquence tranche alors. Au même moment dans les 13 vidéos, les personnages de Cate Blanchett se tournent vers la caméra et continuent leur récitation de leur propre manifeste sur une note de musique formant un chœur polyphonique dans toute la salle, ajoutant à l’étrangeté de la scène et reliant toutes les vidéos entre elles.

Cate Blanchett manifesto

Il faut surtout retenir la performance de Cate Blanchett qui ne propose jamais 2 fois le même personnage. Son visage est une œuvre d’art, que les cinéastes, les vidéastes et les cinéphiles ne se lassent pas de scruter. Qu’elle joue un Marvel (Thor), un Woody Allen (Blue Jamine), un personnage historique (Elisabeth I) ou de fantasy (Le Seigneur des Anneaux), Cate Blanchett arrive toujours à se glisser dans la peau des personnages qu’elle joue tout en gardant sa personnalité singulière. Comptez bien 1h30 si vous voulez regarder les 13 vidéos, mais promis, vous n’allez pas vous ennuyer !

Jusqu’au 20 avril aux Beaux-Arts de Paris, Quai Malaquais Ouverture du mardi au dimanche, de 13h à 19h Tarifs : 7,5 € plein tarif 4€ tarif réduit Gratuit sous certaines conditions.

Cate Blanchett manifesto

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