Marché de l’Art : la croissance devrait se poursuivre en 2018


Suite à un repli entre 2014 et 2016 (source : Artprice), le Marché de l’Art poursuit sa reprise entamée l’année dernière en démarrant 2018 sous les meilleurs auspices grâce aux ventes de Londres. La performance de la maison Phillips face aux géants Christie’s et Sotheby’s est à souligner. 

Le montant des ventes a reculé entre 2014 et 2016

En effet, la maison d’enchères londonienne a bouclé la vente la plus importante de son histoire : 109,9 millions d’euros. Ce chiffre faramineux doit beaucoup à Pablo Picasso, dont le tableau « La Dormeuse » réalisé en 1932 a été adjugé pour 47 millions d’euros. L’art moderne et contemporain continue de démontrer son fort dynamisme sur le marché. C’est une aubaine pour Phillips qui en a fait une de ses spécialités. Car, il s’agit bien de la voie suivie par les plus petites maisons d’enchères pour se démarquer de Christie’s et Sotheby’s : devenir des spécialistes sur certains créneaux.

« La Dormeuse » de Pablo Picasso, 1932

En France, Artcurial suit cette stratégie depuis plusieurs années en se concentrant sur la BD, le design ou encore les sacs vintage. Malgré tout, les ventes de Londres ont encore été dominées par les deux géants du monde de l’art. Christie’s a signé une performance de 154,5 millions d’euros pour 92 % des lots vendus. Sotheby’s a pour sa part totalisé 122,7 millions d’euros.

L’art contemporain et moderne dominent le marché, au détriment du XIXème et des Maîtres anciens

Un Marché de l’Art toujours plus spéculatif

Bien entendu, nous pouvons nous réjouir de ces bons chiffres pour les professionnels du secteur, mais est-ce réellement une bonne nouvelle ? L’historien de l’art Tom Seydoux, désormais passé dans le privé, souligne que le marché est de plus en plus spéculatif au détriment de la qualité artistique :

« Il devient de plus en plus difficile d’anticiper les réactions des acheteurs, ceux-ci étant parfois plus guidés par un souci d’investissement et de spéculation que par la valeur artistique de l’oeuvre. »

Nous ne sommes malheureusement pas surpris par cette analyse. Les valorisations hallucinantes des oeuvres de Jeff Koons, dont le record de vente avait été atteint en novembre 2013 pour un Balloon Dog adjugé 58,4 millions de dollars, ou de Damien Hirst sont là pour le démontrer… On note de manière générale une hausse du prix des lots proposés depuis une vingtaine d’années.

Face à cette flambée des prix, les collectionneurs se tournent désormais vers les valeurs sûres comme Pablo Picasso, Giacometti ou Modiglani, expliquant les bonnes performances de l’art moderne. D’autant plus que les oeuvres de ces artistes sont de plus en plus rares dans les différentes ventes aux enchères, et la rareté entretient la hausse des prix. Rendez-vous à la présentation des résultats annuels pour savoir si 2018 aura vraiment été un bon crû !

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