Critique de Monuments Men : une petite déception


Monuments Men, un programme pour les beaux-arts et les archives, consistait en un groupe d’intervention américain envoyé en Europe pour sauver les oeuvres d’art dérobés par les nazis durant la seconde guerre mondiale et les rendre à leurs propriétaires. Attention, cette critique contient quelques spoils et est une traduction partielle l’article du blog cinéma du Guardian

Nous sommes au mois de Mars 1943. Les moines belges se cachent dans leurs étables, le drapeau à la croix gammée flotte en face de la Tour Eiffel, et Adolf Hitler termine de chaparder toutes les oeuvres d’art d’Europe afin de rassembler une impressionnante collection pour son futur Führermuseum à Berlin.

Image du film Monuments Men

Pendant ce temps, aux États-Unis, un conservateur de musée Frank Stokes (George Clooney) tente de convaincre les commandants américains que l’art européen mérite d’être sauvé. « C’est la Cène de Léonard de Vinci », dit-il, en leur montrant une diapositive. Ils finissent par se laisser convaincre.

Sauver l’art européen

Stokes rassemble une équipe d’élite et d’experts, dont l’architecte Richard Campbell (Bill Murray) et le sculpteur Walter Garfield (John Goodman), et quelques soldats comme James Granger (Matt Damon). Tous ces personnages sont évidemment romancés, mais ils sont basés sur des faits véritables : Frank Stokes est calqué sur George Stout; Campbell sur Robert K. Posey; Garfield sur Walker Hancock; Granger sur James Rorimer, etc.

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Les vrais Monuments Men

Les vrais Monuments Men

L’action commence en Juillet 1944, où les Monuments Men se dirigent vers la partie de la France libérée, à Paris. Le film passe ensuite directement en Décembre 1944 avec la Bataille des Ardennes. On peut d’ailleurs regretter un long-métrage coupé en sortes d’épisodes qui ne sont pas forcément bien structurés entre eux.

Un travail raté autour des personnages

On est aussi rapidement perdu à cause du nombre impressionnant de personnages, de sorte que le scénario les divise en petits groupes et les envoie dans différentes missions. Certaines d’entre elles sont bien plus excitantes que d’autres, mais elles ne sont malheureusement pas assez développées… On en vient à penser que le format d’une série TV aurait été plus adapté pour Monuments Men.

Le film se perd ainsi souvent en route. Dans la scène consacrée à la bataille des Ardennes, vous êtes censé être ému par Campbell qui écoute un disque donné par sa femme ou Bill Murray qui adopte son air traditionnel de chien battu, mais vous n’aviez jamais entendu parler de leurs histoires respectives auparavant… Le travail autour des personnages et de leur vie est si incomplet que l’on n’arrive pas à s’attacher à eux.

Image du film Monuments Men

Des éléments historiques solides

L’élément qui rapproche le plus le spectateur du film est l’histoire de l’officier SS Viktor Stahl (Justus von Dohnányi) que nos américains prennent avec un chargement de chefs-d’œuvre, bien qu’il tente de se faire passer pour un paysan ordinaire avec une maison pleine de « faux ». Les Monuments Men le trouvent grâce à une coïncidence remarquable: l’un d’eux a un mal de dents, et son bavard de dentiste s’avère être le beau-père de Stahl. Cette histoire est en fait vrai, plus ou moins comme raconté dans le film.

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Le véritable agent SS en question était un certain Hermann Bunjes, qui s’est pendu en prison en 1945. Dans les faits, Bunjes conduit les américains vers les mines où les nazis avaient caché beaucoup de leur butin. Le film rajoute un détail supplémentaire : le SS brûle le portrait d’un jeune homme de Raphaël, qui a été effectivement volé par les nazis, mais qui peut encore bien exister.

Verdict

Finalement, l’histoire est fascinante, mais les bonnes intentions de Monuments Men sont entravées par le manque de rythme, de ton et un développement insuffisant des personnages qui ne parviennent pas à prendre toute leur ampleur malgré un casting exceptionnel qui comptait dans ses rangs Jean Dujardin. Vous pourrez passer un bon moment mais ne vous attendez pas au film de l’année, un blockbuster en somme.


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