A Very Englishman : le parcours de Paul Raymonde


Un film retrace le parcours du milliardaire Paul Raymonde, qui a inventé l’industrie britannique du sexe. Shocking !

Dix-sept ans après Larry Flint, le cinéma s’intéresse à un autre pornocrate célèbre. Anglais cette fois. Dès la fin des années 1950, Paul Raymond ouvre les premiers cabarets de strip-tease de Soho devançant l’effervescence de Swinging London. L’acteur Peter Sellers ou les Beatles viennent s’y encanailler et l’Anglais devient l’ami des people (Ringo Starr l’aidera à décorer son appartement à la mode psychédélique). En 1971, il lance Men Only, un mensuel coquin qu’il vendra à plus d’un demi-million d’exemplaires. Dans A very Englishman, le nouveau biopic très réussi de Micheal Winterbottom, c’est Steve Cogan qui enfile les costards cintrés de l’entrepreneur controversé.

Paul raymonde

L’acteur qui partage avec Paul Raymond un goût prononcé pour les femmes et les voitures de sport confie, « Personne n’avait fait de film sur le rapport des Anglais au sexe. Comme si nous étions embarassé par le sujet ! Raymond avait alors adoré les Folies Bergère à Paris, et il a cherché à importer ça en Angleterre, de manière assez opportuniste. Il est au centre de la libération des moeurs mais in l’avait pas beaucoup d’imagination. Il était prisonnier du Soho qu’il avait créé et qu’il voulait posséder, rachetant un à un les clubs du quartier jusqu’à devenir l’homme le plus riche d’Angleterre. »

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Steve Cogan et Michael Winterbottom retracent ainsi une autre page de l’histoire culturelle britannique. En 2012, leur 24 Hour Party People rendait un bel hommage à la scène musicale post-punk de Manchester à travers la biographie du fondateur du label factory records, production de Joy Division ou des Happy Mondays.

paul raymonde

Tony Wilson : « J’aurais aimé rester ce personnage pour toujours. Sa naïveté et sa pureté le rendaient charmant » s’enthousiasme Cogan, plus circonspect quant au monde décadent de Paul Raymonde. « J’étais content d’arrêter le tournage. Il me déprimait. J’ai cherché ce qui se cachait derrière son style et ses facéties médiatiques. En fait, je crois qu’il n’y avait rien. Margaret Thatcher l’admirait. Pour elle, il avait réussi. Pour moi, pas tellement.


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