Pourquoi la COP21 a besoin des artistes pour réussir


« L’art n’est pas un miroir de la réalité » écrivait Bertolt Brecht mais « un marteau pour la façonner ». En effet, partout dans le monde, et plus particulièrement à l’occasion de la COP21, des artistes se mobilisent pour l’environnement. Voici quelques exemples concrets de leurs réalisations, qui vont aider à la réussite de cette conférence sur le climat.

L’art sensibilise le grand public

De Goya, qui a interprété les horreurs de l’Europe en guerre, aux romantiques qui dénonçaient l’envers du décor de la révolution industrielle, l’art a toujours épousé et suivi les grands bouleversements qui ont traversé notre monde. Pour la COP21, de nombreux artistes ont encore répondu présents afin de d’aider à diffuser le sentiment d’urgence en relation à ces enjeux au sein de notre société.

Car, c’est bien le point clef de cet argumentaire : l’art est particulièrement efficace pour sensibiliser le grand public, bien plus que certains discours politiques. Le réchauffement climatique est un des enjeux majeurs de ce 21ème siècle, les artistes ont le devoir de répondre présents pour aider à la réussite de cette conférence majeure, notamment en éveillant les mentalités au sein de la société civile.

Cop 21 one heart one tree

One Heart One Tree

Des exemples concrets

Relayé par de nombreux médias, l’initiative de l’artiste Naziha Mestaoui, avec son projet « One Heart One Tree », joue sur le symbole ultime de la ville de Paris : La Tour Eiffel. Depuis le 29 Novembre, elle est animée par une oeuvre interactive mettant en scène des arbres virtuels reliés aux battements du coeur de l’utilisateur de l’application « One Heart One Tree ». Pour chaque arbre virtuel, un arbre sera réellement planté dans une des 7 forêts partenaires de ce programme soutenu par l’ONU, en échange d’un don de 3 à 10 euros. Selon le site officiel du projet, des dizaines de milliers d’arbres ont d’ores et déjà été financés.

« L’idée est de connecter le virtuel et le réel, la technologie et la nature et de donner la possibilité à chacun de concrètement passer à l’action »

Par ce projet, Naziha Mestaoui mobilise la société civile pour la reforestation. Autre réalisation qui a particulièrement marqué les esprits : les blocs de glace d’Olafur Eliasson. Déjà installés dans plusieurs villes européennes, ils se situeront cette fois sur le parvis du Panthéon. Cette dizaine de blocs de 10 tonnes chacun ont été collectés dans un fjord du Groenland et fondront au fur et à mesure de leur exposition. Leur poids total de 100 tonnes représente le volume de glace fondant chaque centième de seconde dans le monde.

Cop 21 Olafur Eliasson

L’installation Ice Watch à Copenhague

On peut aussi parler de l’installation « L’eau qui dort » de Michael Pinsky sur le canal de l’Ourcq (nord-est de Paris). Elle est constituée d’objets repêchés au fond du canal pour être exposés à la surface. L’objectif est de confronter le public à sa production de déchets, réellement lui montrer la pollution.

L'eau qui dort Michael Pinsky

« L’eau qui dort » Michael Pinsky

Alors que des manifestations pacifiques de soutien à une résolution ambitieuse lors de la COP21 se sont tenus un peu partout dans le monde la semaine dernière, plus de 300 artistes et acteurs majeurs des industries créatives ont signé une lettre ouverte afin de faire pression sur les négociateurs de la conférence. Une belle manière de se servir de leur notoriété. La coordinatrice du mouvement, Alison Tickell, avait d’ailleurs ces mots très justes :

« Le succès de la COP21 ne sera pas juste politique, ce sera aussi celui de la société civile. Le changement climatique ce n’est pas que de la politique, de la science et de l’économie, c’est aussi une question de culture. Les arts peuvent faire bouger les choses différemment de la science »

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