Richard Serra : du matérialisme à la sculpture urbaine


Richard a contribué à forger l’image de la sculpture américaine sur trois décennies. Presque comme aucun autre, il a rompu avec ses conventions, conservant le langage élémentaire d’expression du plastique dans sa forme la plus stricte. Cet artiste, l’un des rares à être issu de la pure sculpture, soumet des pans entiers de paysages ou des espaces urbains à l’influence de sa sculpture.

Il transpose pour cela en qualité plastique le poids, les masses, la pesanteur et leur développement vers l’orientation, le déroulement, l’horizon.

Un sculpteur innovant

Les premiers pas de Serra se tournent contre les ordres figés du Minimal Art. En 1967, il suspend au mur comme Harnais des lanières de caoutchouc trouvées dans Canal Street. En 1968, il projette du plomb liquide dans les angles de pièces et en étale au sol dans l’ordre des jets. La forme fixe la projection, la coulure, le refroidissement, le durcissement. Les jets de plomb avait laissé des plaques dont Serra composera son célèbre Château de Cartes : quatre plaques de 122 x 122 cm se tenant les unes les autres en équilibre précaire. Elles sont debout et tombent tout seul du fait de leur propre qualité physique.

Château de Cartes par Richard Serra

Château de Cartes par Richard Serra

A partir de 1972, Richard Serra intervient aussi dans l’espace paysager et peu de temps après dans l’espace urbain. Dans Shift au nord de Toronto, il mesure et investit par six murs de même longueur tout le terrain d’un coteau et ce à perte de vue. L’étude de la sculpture par le promeneur s’oppose à la vision d’ensemble, et c’est sur cette dialectique que vont reposer les nouveaux espaces d’expérience, les champs de force ouverts auquel desquels il développera désormais sa sculpture.

Richard Serra sculpture

S’inscrire dans son environnement

Serra impose ainsi un nouveau paradigme de l’art dans l’espace public : « l’expérience de la construction plastique par le spectateur est décisive ». Ses grandes sculptures faites de plaques droites, courbées, arquées ou pliées en acier corten reposent sur les souverainetés plastique, mais elles reprennent aussi des données du tracé des rues, de la disposition des immeubles, de l’horizon.

Elle réagissent d’une façon aussi subtile que critique à la situation spatiale. Elles modifient les conditions de la perception , transforment une place en une sculpture et une sculpture en place. Ces sculptures clarifient les conditions des noeuds de circulation urbains, elles y répondent, les tendent, les concentrent en énergie plastique : une stratégie offensive de l’affirmation au centre de la morosité urbaine. Richard est désormais célébré dans le monde entier, comme c’est le cas au célèbre musée Guggenheim de Bilbao.

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

Richard Serra sculpture

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