Song to Song: le chef d’œuvre esthétique de Terrence Malick


On ne va pas vous mentir, Song to Song, le dernier film de Terrence Malick auquel nous avions consacré un long format, n’est pas du genre à plaire à tout le monde. Long, lent et surtout très cérébral, les amateurs de métaphysique et de philosophie apprécieront, éventuellement.

Dans ce film, il est avant tout question de Liberté. Les trois personnages principaux sont à la recherche de l’indépendance absolue: par rapport à leur famille avec laquelle ils ont plus ou moins coupé les ponts, dans leur couple où ils essaient de ne pas être consumés par leurs sentiments ou encore professionnellement, où il s’agit de ne rien devoir à personne.

Mais à vouloir être « trop libres », et trop indépendants, ils causent des dégâts considérables, à eux-mêmes et à leur entourage. En niant leurs sentiments, ils sont également confrontés, surtout Faye – interprétée par l’excellente Rooney Mara – à des troubles d’identité. Jusqu’à ne plus savoir ce qu’ils veulent vraiment. S’ils sont complètement libres en effet, c’est qu’ils ne désirent rien absolument, car cela viendrait réduire leur liberté. Mais leur cœur et leur âme ne sont pas dupes de ces manœuvres contre-nature où la liberté est fétichisée au détriment des émotions, des sentiments et de l’amour. Ils en souffrent, mais intériorisent tout. Rien ne sort, si ce n’est en voix off.

Avec une nouvelle fois un casting assez incroyable composé notamment de Ryan Gosling, Nathalie Portman, Michael Fassbender ou encore Cate Blanchett, Song to Song est cependant moins prétentieux et moins superficiel que The Tree of Life. Cela n’empêche pas quelques petits égarements inévitables et incompréhensibles pour le commun des mortels mais qui ne gâchent en rien la prestation générale. Au service d’une intrigue bien montée, le montage est vraiment solide. L’utilisation intensive des off, la bande originale rock, les plans très rapides de paysages – si chers au réalisateur américain – qui donnent une impression d’éternité, rentrent parfaitement en harmonie avec la narration. Les dialogues sont judicieusement parcimonieux, comme si la parole risquait de gâcher la pureté et la beauté des personnages.

Nous serions particulièrement mal avisés de gâcher à notre tour ce magnifique film en posant trop de mots dessus. On a déjà envie de le revoir.

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