Summer Wars entre animation classique et univers pop


Summer Wars est sorti en 2009 au Japon puis en 2010 dans l’hexagone, il a été réalisé par Mamoru Hosoda qui est une des nouvelles figures de l’animation japonaise. Il s’était déjà démarqué en travaillant sur la série One Piece et surtout grâce au long métrage « la Traversée du Temps » qui a remporté un grand succès auprès du public comme de la critique. Ce film était donc particulièrement attendu par tous les fans de l’animé japonais.

Un sujet en or

Le concept de Summer Wars est particulièrement alléchant. Oz est un réseau social géant qui regroupe plus d’un milliard d’individus où vous pouvez absolument tout faire : acheter des objets, travailler avec vos collègues, jouer au casino, fonder votre entreprise, payer vos factures, etc. Bref, une sorte de Google ou de Facebook puissance 10 dont les gens sont très dépendants. Vu la vitesse de développement des réseaux sociaux, les anticipations que l’on peut actuellement avoir sur l’avenir et l’époque où le film a été réalisé, on peut dire que Summer Wars s’inscrit pleinement dans un des grands débats de notre siècle.

Encore plus intéressant, Hosoda a voulu mettre en scène une vieille famille aristocratique japonaise en lien avec de tragiques événements qui vont se dérouler sur Oz. En effet, Kenji un étudiant surdoué en mathématiques participe sans vraiment le vouloir au hack du système de sécurité du réseau, exposant ce dernier à un virus robotique d’un type nouveau. Ces événements se déroulent alors qu’il a été invité par Natsuki, une fille dont il est secrètement amoureux, au sein de la dite famille aristocratique le Clan Jinnouchi pour se faire passer pour son fiancé (ce qui est loin d’être le cas).

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Deux styles d’animé : classique et pop à la Murakami

Pour bien montrer la différence entre ces deux univers, l’équipe d’animation a choisi un style classique comme peut le faire (en mieux) les studios Ghibli pour le monde réel alors que l’univers d’Oz arbore des tons psychédéliques qui font penser aux créations de Murakami. Vous savez l’homme qui avait réussi le tour de force de faire rentrer ses créations ultra-colorées dans le château de Versailles. C’est un personnage qui a marqué l’art contemporain et qui mérite d’ailleurs que nous lui concédions rapidement un article sur le site.

Oz Summer Wars

Summer Wars

Pour revenir à nos moutons, Oz est donc présenté de manière enfantine et joyeuses alors qu’il nous fait tout de suite penser à un formidable outil totalitaire dès l’introduction de Summer Wars. D’ailleurs, les personnages ne semblent pas comprendre le danger qu’il représente (avec toute l’hystérie des animés japonais qui peut en rebuter plus d’un) et préfère attribuer tous leurs malheurs à ce virus venu des Etats-Unis qui menace carrément de faire exploser une centrale nucléaire en déviant une sonde spatiale.

Summer Wars : une exaltation du nationalisme japonais ?

C’est pourquoi certains ont voulu voir une sorte d’exaltation du nationalisme japonais dans Summer Wars avec ce danger venu d’ailleurs, la glorification du génie scientifique avec Kenji ou encore la défense des valeurs traditionnelles avec le clan. Ce dernier point est juste je pense, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait qualifier la valeur famille ou la pugnacité face à l’adversité  de « relents »… Je préfère voir un aspect positif dans Summer Wars qui nous met en garde contre les dérives des nouvelles technologies et nous rappelle ce qui fait vraiment notre force en plus, dans le cas présent, de nous offrir un joli panorama de ce pan de la société japonaise.

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Summer Wars clan Jonnouchi

A ce jeu là, on peut très bien multiplier les analyses dans tous les sens. Le concepteur du virus est un japonais, membre du clan Jinnouchi, qui a vendu ce programme pour rétablir l’ancienne gloire de sa famille. On peut donc le voir comme une démarche d’Hosoda visant à démontrer que le retour aux temps anciens est impossible et qu’il faut s’accommoder de la nouvelle donne technologique. Soit tout le contraire d’une poussée nationaliste !

Mais trêve de paroles, si vous êtes un fan de ce type de films et du Japon en général je vous conseille réellement de voir Summer Wars, ainsi que la Traversée du Temps du même réalisateur. Pour les autres, certains éléments que l’on pourrait qualifier « d’enfantins », mais propres à la création artistique nippone, pourraient facilement vous rebuter.

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