Taj Mahal: un quasi huis clos réussi


L’équipe d’Art Juice est allée voir Taj Mahal, un film réalisé par Nicolas Saada, et sorti au cinéma le 2 décembre, qui pour dire clairement les choses d’entrée, nous a plutôt convaincu.

Inspiré de faits réels, le film met en scène l’histoire d’une famille composée d’un père français, d’une mère britannique et de leur fille de dix-huit ans. Le père ayant obtenu un nouveau poste à Mumbai, les trois protagonistes émigrent dans la capitale économique de l’Inde. Ils sont dès lors confrontés à un mode de vie radicalement différent. L’héroïne, Louise, jouée par la talentueuse Stacey Martin parait plus curieuse que réellement désarçonnée. Elle ne semble pas se formaliser des vendeurs à la sauvette qui l’accostent sans arrêt. Elle s’interroge cependant « Am I going to fit in? What if it does not work out with the school?»

Mais en cette fin de novembre 2008, des évènements tragiques vont changer les préoccupations de la famille. Il s’agit des attentats meurtriers à Mumbai entre le 26 et le 28 novembre qui ont ciblé deux hôtels de luxe, un café, et la gare centrale de Mumbai causant la mort de 188 morts dont 26 ressortissants étrangers. Alors que les parents vont dîner à l’extérieur, Louise entend des explosions puis des coups de feu dans l’hôtel. Cette partie du film, un poil longue peut-être mais assez réaliste, et sans surjeu, met en scène Louise enfermée dans sa chambre, complètement paniquée alors que les terroristes mettent à sac le prestigieux hôtel. Le réalisateur parvient à nous transmettre l’angoisse de son héroïne, notamment à travers les coups de fils répétés entre les parents et leur fille. On est initialement surpris par le calme du père, incarné par un bon Louis-Do de Lencquesaing qui prodigue avec lucidité les meilleurs conseils à sa fille, avant que l’émotion ne finisse par le submerger lui-aussi.

Taj Mahal film Nicolas Saada

La mise en scène du film est très réussie, notamment ces gros plans successifs sur le visage de Louise qui permettent de saisir l’étendue de son désarroi. Si certaines scènes sont un peu longues, on ressort de ce film avec en tête, un jugement plutôt positif, d’autant plus que Nicolas Saada, le réalisateur ne commet pas l’erreur de finir le film sur la scène du sauvetage de Louise et nous amène à réfléchir à l’après, et cette nécessité de se reconstruire, de continuer à vivre malgré tout.

Ce film offre un petit aperçu de l’Inde, de sa désorganisation, de son trafic impressionnant, mais également de sa générosité et de sa richesse culturelle.

Evidemment, le film fait également écho aux évènements tragiques qui se sont déroulés à Paris le 13 novembre dernier. Le désarroi et la détresse des personnages du film, notamment celles des parents nous renvoient à ce que nous avons nous-même ressenti il y a peu. Cette comparaison a toutefois ses limites puisqu’en Inde, des « tueries » ont lieu assez régulièrement, qu’ils résultent de tensions entre communautés religieuses différentes, de combats entre des groupes islamistes ou des militants maoïstes (naxalistes) et les forces de l’ordre.

La bande-annonce

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