Terrence Malick en-dehors des normes


En plus de 40 ans de carrière, Terrence Malick a seulement réalisé 7 films, dont « The Tree of Life », récompensé par la palme d’or au festival de Cannes. Il faut dire qu’après « Les Moissons du Ciel », sorti en 1978, le réalisateur a pris congé du monde du cinéma pendant près de 20 ans, n’étoffant pas sa maigre filmographie. Un défaut qui n’en est pas vraiment un chez ce réalisateur hors-norme, devenu une icône d’un cinéma américain alternatif au monde hollywoodien.

Un cinéma contemplatif

Les plans plus magnifiques les uns que les autres s’enchaînent, chez cet artiste qui n’a jamais cherché à faire la course aux effets spéciaux, mais à rester ancré dans la réalité. Un réel dont il cherche toujours à extraire la beauté la plus pure, aussi bien dans les décors que dans ses personnages. Que dire de ce jeune soldat américain si optimiste à propos de la bonté des hommes en plein coeur de la bataille de Guadalcanal (La Ligne rouge), cette boucherie ignoble de la seconde guerre mondiale. Ou encore, de cette indigène, simplement sublime, tombant amoureuse du colonisateur Collin Farell dans « Le Nouveau Monde »…

Le nouveau Monde Terrence Malick

Allez voir un long-métrage de Terrence Malick, c’est avant tout se préparer à un véritable voyage visuel. Il s’est fait une spécialité de filmer la nature dans toute sa splendeur, capturant les prairies, les forêts ou les rivières d’une manière unique. Cette contemplation de la nature s’accompagne également d’un voyage sonore, où le bruit du vent dans le feuillage des arbres et le clapotis de l’eau nous reviennent dans toute leur majesté. Malick a également su s’entourer de musiciens de génies, tels que le compositeur James Horner dans « Le Nouveau Monde », Ennio Morricone dans « Les Moissons du Ciel » et bien sûr Hans Zimmer dans « La Ligne Rouge ».

Refouler l’intrigue

Terrence Malick magnifie les rapports humains. Il nous fait rêver de la plus belle des manières, soit la mission première du cinéma : nous livrer des récits au bord de l’irréel. Cet amour de l’humain (et des belles histoires d’amour) ne fait pas de lui un naïf. Malick ne laisse pas très longtemps ses personnages au septième ciel.

A la Merveille Terrence Malick

Dans « le Nouveau Monde », l’amérindienne Pocahontas voit sa relation avec John Smith se faire broyer par la confrontation inévitable des deux univers, ceux des « autochtones » et des Européens amenant toutes leurs idées préconçues. Tandis que dans « A la Merveille », Marina se laisse embourber dans le quotidien ennuyeux de Neil, qui finit par choisir la mauvaise idylle… Malick aime bien raconter les amours impossibles.

Avec Terrence Malick, la narration passe au second-plan. C’est pourquoi, on a parfois du mal à relier les événements entre-eux, face à une histoire le plus souvent décousue et hachée. Elle n’est tout simplement pas la priorité du réalisateur, qui préfère se concentrer sur une sorte de « quête spirituelle », quitte à parfois créer des longueurs et à trop s’enfoncer dans un délire personnel…

Terrence Malick le mystique

Il y a clairement une dimension mystique chez Malick, comme en témoignent ces longues tirades de plusieurs minutes en voix off, un outil de plus en plus utilisé par le réalisateur qui vient renforcer la beauté des plans et des relations entre les personnages. Ces derniers s’interrogent alors sur leur ressenti et leurs sentiments.

Le Figaro parle même d’une quête spirituelle pour l’américain à travers son oeuvre cinématographique, produisant des longs métrages de plus en plus abstraits, comme en témoignent les premiers retours critiques sur son septième film : Knight of Cups avec Christian Bale et Nathalie Portman. Il a été présenté à la 65ème Berlinale de la capitale allemande, où il a fait assez forte impression. C’est en tout cas l’aboutissement du style de Terrence Malick :

« Contemplatif, hypnotique, elliptique, lent parfois, le film se conçoit comme un poème visuel sans intrigue linéaire, sans même des dialogues, dont on ne perçoit que des bribes. En voix-off, Rick s’interroge dans un long monologue. »

L’aspect mystique de son oeuvre, l’incroyable souffle insufflé au personnage, la beauté de ses séquences ou encore la rareté de ses productions ont façonné la « légende de Terrence Malick ». L’attitude du réalisateur en dehors des plateaux participe également au mystère ambiant : il fuit les interviews et les plateaux de télévision. En somme, un artiste vivant pour son art et ne recherchant pas la gloire, la notoriété, les contrats faramineux. Une belle image qui tranche avec la jet-set Hollywoodienne, poussant une majorité de grands acteurs à vouloir inscrire le nom de Malick dans leur filmographie.

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