Thank you for smoking : Défendre l’indéfendable – Cinéma et Politique #7


A l’occasion de notre 7e critique « Cinéma et Politique », Art Juice revient sur un film à la fois instructif et comique, Thank you for smoking (2006). Et une nouvelle fois, il sera question de lobbying. Néanmoins, à l’inverse de notre sélection de la semaine dernière, où Miss Sloane était chargée de défendre une cause dite « noble » – la régulation du port d’arme aux USA – par tous les moyens possibles et imaginables, Nick lui, cherche à défendre celle de la cigarette.

Mais est-ce vraiment mal de fumer ? Et « qui a dit que la cigarette était mauvaise pour la santé d’ailleurs ? » fait mine de s’interroger Nick en s’adressant à l’équivalent de nos classes primaires aux Etats-Unis. « Ma mère me l’a dit » répond un élève. « Ta mère est-elle médecin ou chercheuse reconnue en la matière ? ». L’élève faisant non de la tête, Nick explique que celui-ci doit s’efforcer de faire ses propres choix, en tant qu’individu libre-pensant. Et c’est même un devoir, sinon la démocratie américaine ne fonctionnerait pas. Son fils, d’abord un brin sceptique n’en finit pas d’être impressionné par ce que Nick arrive à faire faire aux gens. Et pour notre grand plaisir, il va se mettre à utiliser les armes rhétoriques de son père pour persuader sa mère de le laisser partir en Californie avec son père.

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Comment Nick procède-t-il pour arriver à ses fins? Il parle. Il argumente avec une redoutable efficacité. Des situations de la vie quotidienne comme le choix d’une glace à la vanille ou au chocolat font systématiquement l’objet de débats avec son fils. Ce relativisme moral, Nick en fait sa philosophie de vie. Il côtoie ainsi régulièrement les représentants du lobby des armes à feu et de l’alcool.

thank you for smoking

Le MOD : MerchantsofDeath

Et puis « Tout le monde a droit à un avocat non ? Même le pire des meurtriers. Pour moi, c’est la même chose des multinationales ». Et d’ajouter peu convaincu qu’il faut bien rembourser ses emprunts. En réalité, c’est surtout que Nick adore ce métier. Cette absence de principe va pourtant le desservir, notamment lorsqu’il couchera avec une journaliste chargée d’écrire un article à charge contre lui, avec des conséquences très fâcheuses pour notre lobbyiste.

Une comédie satirique rafraichissante agrémentée de nombreuses scènes très drôles où l’Amérique en prend pour son grade. A consommer sans modération ! Comme la cigarette?

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