The Lost City of Z : un grand film sur l’Homme !


A travers le portrait de Percival, « Percy »,  Harrison Fawcett, James Gray propose le portrait d’un homme qui réussit à s’élever – socialement, humainement – par le dépassement de soi et l’acharnement à toujours vouloir dépasser ses limites. Le dernier film du cinéaste indé a pris du temps pour réunir les fonds nécessaires, boudé par les studios hollywoodiens, du temps au montage pour ces prises réalisées au 35 mm, et enfin du temps à sortir dans les salles, le film était prêt pour Canne 2016…

Le film est à l’image de son héros : incompris dans le monde qui l’entoure et désireux de découvrir des territoires inconnus. Le cinéaste délaisse les rues new-yorkaises, théâtre de ses précédents films et s’attaque à une épopée ! Près de 2h30 d’un film qui trace la trajectoire de Fawcett, jeune major de l’armée britannique qui se voit proposer par la Société de Géographie de Londres – des vieux messieurs poussiéreux – de partir en expédition en Amérique du Sud pour cartographier la région entre le Brésil et la Colombie. Pris de passion et de fascination pour ce territoire, Fawcett y retournera 2 fois pour y chercher – et trouver ? – la Cité Perdue, continuant d’y penser dans les tranchées de la Somme en pleine Première Guerre Mondiale.

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the lost city of z

Epaulé par sa femme puis ses enfants, Fawcett ne semble pas tomber dans la folie et ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur. Le film se trouve donc très loin d’ »Aguirre, la colère de Dieu » d’Herzog. Non, Fawcett est conscient des dangers auxquels il s’expose, il sait que lorsque qu’il décide de retourner dans cette jungle, il se peut qu’il n’en revienne pas. Mais, pour lui, la condition humaine est faite pour être dépassée ; et c’est par le courage et la volonté que l’homme peut s’accomplir. Fawcett est conscient que cela se fait au prix de sacrifices – être loin de sa famille, être humilié par la Société – que l’homme peut faire avancer les hommes.

Sa femme Nina, très indépendante et symbole du début de la pensée féministe, soutient tout de même Fawcett dans l’accomplissement de sa « destinée », son fils aîné poussera son père à retourner pour la dernière fois dans ces contrées inconnues : ce n’est donc surtout pas seul que Fawcett arrive à ses fins mais grâce à l’amour et la volonté de son entourage. De la transcendance certes,mais pas de religion dans ce film, si ce n’est celle des hommes. La première scène du film le résume : lors d’une partie de chasse à courre avec la haute société anglaise, seul Fawcett, le plus téméraire arrivera à son but – la mort du cerf – au prix de danger et d’audace !

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sienna miller the lost city of z

Pour la dernière scène du film, Nina Fawcett descend l’escalier d’un immeuble londonien suite à un rendez-vous, la caméra la filme sortant de l‘immeuble mais au lieu de voir la rue à l’écran, elle traverse une jungle luxuriante… Ne serait-elle pas finalement guettée par la folie ? Un chef d’œuvre ! Parfois long, mais toujours passionnant, le cadre et la lumière sont à chaque scène travaillés avec précision. Le scénario laisse la place au développement de deux personnages secondaires : Nina et le traître Murray…Mais, c’est surtout le jeu de Charlie Hunnam – qui ressemble étrangement au producteur du film qui n’est autre que Brad Pitt – intense et marqué par les différentes étapes de la vie de Fawcett que l’on remarque. Film surprenant, ample mais pas pompeux, le voyage vaut le détour !

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