Weather Winter 2016 : une édition décevante


Cette année, l’équipe d’Art Juice avait décidé de se rendre au Weather Winter (ou à la Weather, on n’a jamais vraiment su), ce festival de musique électronique dont on nous avait tant parlé. Billets réservés longtemps à l’avance, week-end entièrement bloqué pour l’occasion, le 17 décembre 2016 serait à marquer d’une pierre blanche. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons vécu quelque chose de très étrange.

Notre arrivée vers 1h à l’entrée du festival, Porte de la Villette, ne s’est déjà pas déroulée sous les meilleurs auspices. Le spectacle édifiant d’une foule immense amassée devant les barrières et d’un service de sécurité complètement dépassé par les évènements se dresse devant nous. Sous l’effet de mouvements de foule répétés, les festivaliers sont en effet propulsés violemment contre le portail à peine ouvert tandis que les plus petits(es) suffoquent. On entend des cris de douleur. Devant le chaos ambiant, les gardiens laissent finalement rentrer la foule au compte-goutte. Ces portes de l’enfer franchies, on découvre avec stupeur une multitude de gens allongés par terre, en pleurs, la tête entre les mains. Et les expressions et les mots inquiets du personnel de sécurité n’ont rien pour rassurer les esprits : « C’est bon ça va, circulez, y’a rien à voir, circulez ! ». Glaçant.

Un festival victime de son succès ?

Bon, il va tout de même falloir passer outre cette mésaventure fâcheuse, et on compte bien sur Laulau et Marcel pour nous y aider. On rentre à l’intérieur des hangars du festival. C’est immense, des gens à perte de vue. D’ailleurs, c’est rapidement trop. Il y a vraiment beaucoup de monde, on se piétine les uns les autres. Aucune place pour danser. Plus grave, le public semble très différent de d’habitude. On est très surpris de ne pas retrouver le bon esprit techno, relax, pas prise de tête que l’on retrouve systématiquement dans les clubs berlinois, bruxellois, et certains clubs parisiens.

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weather winter 2016

Le sentiment que les gens sont là pour être « in » devient de plus en plus prégnant quand tous ces énergumènes dégainent leur téléphone comme un seul homme lorsque Laurent Garnier arrive aux platines. Ils se sont crus à un concert de RnB ou quoi ? La techno enregistrée sur un téléphone, ça n’a jamais rendu et ça ne rendra jamais bien pourtant. Mais peu importe, il s’agit d’alimenter leur story snapchat. Et clou du spectacle, voilà qu’à droite et à gauche, apparaissent progressivement des types qui ont cru bon de se mettre torse nu, qui poussent tout le monde, impunément, sans gêne. L’agacement nous gagne. C’est pas ça l’esprit techno bordel !

Des artistes au rendez-vous

En termes de musique par contre, rien à dire. Il faut dire qu’on s’est essentiellement concentrés sur Marcel Dettmann et Laurent Garnier, valeurs sûres. Garnier fait globalement le boulot, alternant au début de son set, les passages très rythmés pour ensuite y incorporer des sonorités plus mélodiques et samplées. C’est solide, rien à dire. On a toujours cette impression de savoir comment il va enchainer, mais il finit toujours surprendre. Après 1h30 de set, il nous cale son fameux et désormais célèbre Crispy Bacon. Cela dit, vers 6h, on commence quand même à identifier deux trois enchainements habituels chez lui, comparables avec son set du Name Festival à Lille, début octobre. Mais qu’importe, le son est plutôt bon. Si seulement c’était moins surpeuplé ! Un simple aller-retour au bar pour chercher une bière se transforme rapidement en parcours du combattant.

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Vers 6h45, on sort finalement de la salle B où se produit Laulau. Les mines sont toutes fatiguées et/ou allumées. Beaucoup de gens ont l’air de ne pas avoir bien contrôlé leur dose. Assez dark comme ambiance. En tout cas, on avait préféré Peacock Society, beaucoup plus convivial et agréable. Le Weather semble lui être devenu victime de sa popularité. Même si les artistes n’ont encore une fois pas démérité, la comparaison avec d’autres événements bien mieux organisés est cruelle pour le Weather Winter 2016.

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