Braveheart : l’exemple du blockbuster manichéen ?


Le grande réussite commerciale de Mel Gibson, Braveheart, n’a pas pris une seule ride malgré les années qui passent. Un film qui doit sans doute figurer dans les longs-métrages préférés des indépendantistes écossais, malheureux perdants du référendum contre les unionistes il y a quelques semaines. Braveheart reste avant tout politique en délivrant une ode à la liberté, seulement permise par l’indépendance du peuple, et en rendant honneur au courage des écossais du 13ème siècle contre la tyrannie anglaise. Un scénario manichéen qui se concrétise lors de la réalisation.

D’ailleurs, il n’y a pas un seul des personnages anglais qui soit susceptible de provoquer de la sympathie chez le spectateur. Le roi Edouard Ier est décrit comme un homme cruel, incapable de faire preuve de pitié, tout comme les soldats anglais, tandis que son fils Edouard II serait un incapable (il l’était d’ailleurs certainement si l’on en croit sa fiche Wikipedia). Dans le camp anglais, le « seul gentil » s’avère en fait être… une française, la princesse Isabelle incarnée par une sublime Sophie Marceau.

Braveheart le roi Edouard Ier

Braveheart : anglophobe ?

Certains critiques n’ont donc pas hésité à ouvertement taxer le film d’anglophobie. On ne peut pas nier que Braveheart dégage un certain patriotisme, que l’on pourrait qualifier de celtique, Mel Gibson possédant lui-même des origines irlandaises. Ainsi, les écossais et leurs frères irlandais vont combattre ensemble les anglais, trahissant leur suzerain. Quant à Stephen, il se révèle être l’un des plus fidèles hommes de William Wallace.

Armée écossaise braveheart

Néanmoins ce patriotisme doit plutôt être vu comme glorification de la résistance à l’expansionnisme. Car celui-ci va priver les habitants de leur liberté et de leur tranquillité. William Wallace se voit d’ailleurs contraint d’entrer en résistance après la tentative de viol puis l’exécution de sa femme. Il est clairement poussé vers la rebellion par la brutalité de l’occupant et son absence de morale chrétienne, celui-ci ne se rendant même pas compte de la cruauté de ses actes comme en témoigne la réaction du capitaine anglais qui se trouvait « conciliant » avec ses administrés. Alors que le spectateur a eu tout loisir de voir qui a fait le mal le premier.

Cette résistance contre l’expansionnisme a donc, on l’a vu, un seul but : retrouver la liberté perdue. Un speech qui a tout pour plaire outre-atlantique, comme l’aspect manichéen de Braveheart entre les gentils écossais et les méchants anglais, comme nous l’avons également vu. Le film pourrait donc sembler très pauvre intellectuellement mais il faut parfois chercher à dépasser ces considérations… Il est ainsi clair que Braveheart est manichéen, mais on ne peut le taxer d’être le blockbuster type de cet état de fait.

Braveart Liberté

Richesse dans la diversité

Mel Gibson veut avant tout nous montrer la nation écossaise dans toute sa richesse et sa complexité. Une société où les notions de respect via les clans, d’honneur, de courage ou encore de foi chrétiennes sont primordiales. Même s’il a recours à la traditionnelle opposition entre le bien et le mal et à quelques anachronismes pour grossir le trait. Dont le plus criant est le port de kilt, un vêtement traditionnel qui ne fera son apparition qu’au 16ème siècle. Mais celui-ci est devenu tellement emblématique qu’il aurait été difficile de ne pas l’inclure dans la révolte des écossais de Braveheart.

Malgré ces incohérences, on ne peut s’empêcher d’aimer Braveheart et de respecter son immense succès populaire. Celui-ci a notamment participer à un regain d’intérêt pour l’histoire de l’Ecosse en nous présentant de sublimes paysages, des scènes de batailles parmi les mieux réalisées à ce jour et une vraie aventure héroïque. En somme, un excellent divertissement avec un charme irrésistible qui lui permet de pas figurer dans la case des simples blockbusters traditionnels.

2 Comments

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  1. 2
    Marc Shift

    En même temps les anglais restent nos meilleurs ennemis… Blague à part je n’ai jamais vu Braveheart comme une référence historique incontestable, mais plutôt dans un thème classique de film d’exploitation ricain, gentil contre méchant mais bien filmé, bien joué, avec de bon décors, bien écrit, ce qui est déjà pas si mal

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