Et J.J. Abrams détruisit Star Wars


(Attention Spoilers) L’attente pour un film n’aura sans doute jamais été aussi grande. Il y a de quoi : Star Wars, une des sagas les plus mythiques de l’histoire du cinéma, revient après une absence de 9 ans et reprend une intrigue laissée en suspens depuis 32 ans. La pression sur les épaules de J.J. Abrams, réalisateur et scénariste apparemment fan de la saga, était donc grande, peut-être trop grande…

Autant vous l’annoncez directement, nous sommes très loin d’avoir été emballé par le Réveil de la Force. Pourtant, le film commençait plutôt bien. Un héros de la résistance cache des plans secrets dans le nouveau droïde BB-8 pour ne pas qu’il soit découvert par le Premier Ordre, une réincarnation de l’Empire sous forme de secte, tel un clin d’oeil aux précédents épisodes. S’ensuit une phase assez réussie de découverte des deux personnages principaux, dont la vie de pilleuse de vaisseaux de Rey (jouée par Daisy Ridley, qui crève littéralement l’écran) sur la planète de Jaaku. Cette dernière fait d’ailleurs penser à un copier-coller de Tatooine, mais passons sur ce détail nous y reviendrons plus tard.

star wars reveal de la force rey

On se sent alors plutôt optimiste, en se disant que finalement tout va bien se passer, que Disney a relevé son pari de faire revivre la saga… Puis, le vernis s’écaille, avec un scénario devenant de plus en plus obsolète au fur et à mesure que le film avance. Tous les ingrédients des épisodes précédents semblent y passer afin de construire un Réveil de la Force qui n’a pas vraiment d’âme propre.

A lire aussi :  Thank you for smoking : Défendre l’indéfendable – Cinéma et Politique #7

D’où, une multiplication à outrance des clins d’oeil et des références, une réutilisation abusive des anciens concepts (d’un duel méchant père contre gentil fils, on passe à un duel gentil père contre méchant fils) qui donnent un air de déjà-vu sans rien apporter de réellement neuf. Le vrai plus autour de la conception du Réveil de la Force serait plus à chercher du côté de l’humour, grâce à la fraîcheur apportée par Fin (John Boyega) et BB-8 ainsi qu’au talent inébranlable d’Harrisson Ford reprenant les habits d’Han Solo.

star wars reveil de la force han solo

On peut alors facilement comprendre l’avis quasi-unanime de la presse, il n’y pas eu de « tour de force » réussi par le réalisateur du dernier Star Trek, mais une bonne réutilisation des anciens codes de la saga saluée par les journaux. Or, le mythe Star Wars ce n’est pas ça. Le mythe Star Wars c’est de toujours faire voyager le spectateur en lui faisant découvrir de nouvelles planètes, de nouvelles créatures, etc. Le mythe Star Wars, c’est aussi de proposer de réels intrigues politiques et des défis qui semblent impossibles à relever.

Résultat des courses, on se trouve face à des planètes qui nous semblent déjà familières comme Jaaku, ou bien des environnements qui nous rappellent bien trop notre bonne vieille planète Terre tels que cette forêt enneigée ou ce bout d’Ecosse de la scène finale. Ou sont passés la grouillante ville de Coruscant, le fabuleux complexe minier de la Cité des Nuages, le village suspendu des Ewoks… Quant au défi de nos jeunes héros, il s’agit encore de détruire une nouvelle Etoile Noire, simplement bien plus puissante et imposante. On s’interroge sur l’inspiration des scénaristes !

A lire aussi :  Caldera le court métrage

star wars le réveil de la force

Bref, le Réveil de la Force ne nous entraîne pas. Et, ce n’est pas la carrure des méchants qui va venir rehausser le niveau. Le boss du Premier Ordre est une sorte de monstre gigantesque assez peu crédible dans son rôle, tandis que Kylo Ren, l’homme au sabre laser en croix, n’impressionne pas davantage une fois ôté le masque. Heureusement, l’utilisation modérée et bien choisie des effets spéciaux redonne de la crédibilité au film, ainsi que des plans souvent très bien choisis (mention spéciale aux scènes de marche dans le désert ou lors des déplacements/combats de vaisseaux).

star wars le réveil de la force

C’est à se demander si J.J. Abrams n’a pas voulu aller trop vite. Une hypothèse très bien illustrée par l’apprentissage fulgurant de l’usage de la force par Rey, ainsi que de son maniement du sabre laser, sans aucune formation préalable. On ressort donc du Réveil de la Force avec une déception mal dissimulée face à la fin d’un mythe, et au passage d’une nouvelle ère pour Star Wars. Beaucoup l’aimeront sans doute. Prochain rendez-vous : un film consacré à Han Solo.

La bande-annonce

Tags

4 Comments

Add yours
    • JC

      Le titre est un peu provocateur, c’est vrai, mais je pense vraiment tout ce que je dis dans cette critique ! Au final, c’est la déception qui prime chez moi

+ Leave a Comment