ex anima théâtre

« Ex Anima », l’âme des chevaux au cœur de la création

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Pour son dernier spectacle, Bartabas porte l’offrande à ses compagnons de toujours. Poétique sûrement, testamentaire définitivement.

Songe d’une nuit équestre

Les chevaux se succèdent au fil des tableaux. Parfois seuls comme le cheval de trait ou le cheval suspendu. Souvent en groupe comme la scène du champ de bataille. Dans cet enchaînement de photographies animées, les dresseurs à pieds agissent comme des serviteurs, effacés devant leurs maîtres équidés. Ni voltige ni cavalier, Bartabas veut rendre hommage à ses muses qui pendant plus de trente ans l’ont accompagné tout au long de ses créations. Chaque séquence représente l’utilisation du cheval par l’homme durant des siècles et à toutes les périodes. Les chevaux comme moyen de transport, travaillant à la mine ou pire encore à la guerre. Leur rendre justice, c’est leur rendre la liberté. Certes construit, le spectacle laisse l’impression que ces chevaux évoluent librement sur cette piste. Ils ne sont pas des bêtes de foire. Bartabas célèbre ces créatures mystérieuses, brutes et sublimes.

Sombre, rêveuse et teintée d’une musique aux sonorités des montagnes tibétaines, cette dernière création désarçonne. Le côté spectaculaire de ce spectacle réside bien dans la quête de liberté de ces bêtes. Aller chercher l’essence du cheval, c’est là que se situe la richesse d’Ex Anima.

Culte sur l’autel Zingaro

« Comme un souffle de l’âme, un cheval hennit quelque part, jusqu’à la fin du monde » Joseph Delteil

ex anima théâtre

Le mythe autour du cheval est l’une des approches de ce spectacle qui frôle l’ésotérisme. Ces hommes effacés face à l’animal pourraient être des prêtres ou des moines qui vouent un culte à cette divinité. En ne cherchant pas à les domestiquer, mais à les laisser dans leur état primitif. Laisser cet animal divin s’exprimer dans un état que l’homme qualifierait de sauvage. Des spectateurs trouveront cela ridicule, d’autres chercheront un sens à cette démarche artistique. Si c’est ce dernier ressenti q’ion éprouve, alors le spectacle dévoile une palette de réflexions sur le rapport de l’homme à l’animal. La dualité entre ce que l’animal peut apporter à l’homme (nourriture, aide, transport, compagnie) et ce qu’il est dans sa substance. Fonction et substrat.

Quand les chevaux quittent l’autel, que les hommes saluent, on entend encore longtemps le souffle puissant du cheval.

Souffle, preuve de vie, preuve d’une âme ?

« Ex Anima», une création du Théâtre équestre Zingaro. Conception, mise en scène, scénographie : Bartabas

Autre critique d’un blog partenaire : un château dans le 93 

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