Ibrahim Maalouf mêle Occident et Orient : un vent de fraîcheur sur le jazz


Ibrahim Maalouf a été une des révélations musicales de ces dernières années. Musicien trompettiste confirmé, compositeur et producteur, il a su imposer son style engagé et oriental, ainsi que des prestations scéniques parfois totalement improvisées ; c’est une de ses marques de fabrique. En France, le grand public commence à le connaître grâce à ses victoires de la musique dans la catégorie Meilleur artiste jazz de l’année en 2013 et dans celle de Meilleur Album de Musiques du Monde pour « Illusion » en 2014. C’est la première fois qu’un projet récompensé est uniquement instrumental.

Mais, Ibrahim Maalouf s’était déjà fait un nom dans le milieu, notamment en composant de nombreuses musiques de films pour les longs métrages « Yves Saint-Laurent », « Red Rose » ou « La Crème de la Crème ». Ce son aux influences orientales qu’il développe, il le doit aussi bien à ses origines libanaises qu’à une trompette inventée par son père, le musicien Nassim Maalouf, dans les années 60. En effet, il utilise une trompette « microtonale », capable de jouer les quarts de tons, essentiels à la musique arabe ; tout en maîtrisant parfaitement les codes classiques du jazz, étant passé par le sérail académique.

Katlhoum et Red & The Black Light

Signe de sa force de travail assez phénoménal, Ibrahim Maalouf a sorti deux albums à la rentrée 2015 : « Katlhoum » plus orienté vers le jazz traditionnel, et « Red & The Black Light » qui lorgne véritablement vers l’univers pop. De nombreux critiques de jazz lui ont justement reproché de trop chercher à séduire les masses en cédant à quelques facilités et en insérant des phases pop/rock dans ses morceaux. En attendant, il ouvre enfin l’univers du jazz à un tout nouveau public qui n’y était pas accoutumé, apportant un coup de jeune à ce genre musical.

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Ce virage de genre se remarque particulièrement sur la track éponyme « Red & Black Light », par l’ajout de sonorités très électriques qui emportent notre totale adhésion. Malgré tout, des morceaux comme Goodnight Kiss nous délivre toujours une ambiance jazz/lounge aux influences orientales chères à Maalouf.

Maalouf travaille aussi bien le fond que la forme

Le musicien a très vite compris tout l’intérêt des réseaux sociaux, qu’il utilise à la perfection, notamment par un teasing très accrocheur sur ses futures prestations ou nouveautés via Facebook. Sa maîtrise des nouveaux médias s’illustre également par ses clips vidéo, vraiment très réussis.

On peut citer celui de Beyrouth sorti en 2013 qui nous plonge pleinement au coeur du Liban, ou bien la reprise de Run The World (Girls) qu’il a scénarisé. Maalouf nous y montre une France coupée en deux entre les français de souche et les gens « différents », obligés de se réunir dans des lieux secrets afin de mener une résistance artistique à cette société totalitaire. Artiste engagé, Ibrahim Maalouf continue avec envie sa carrière de musicien : il a déjà programmé plus de 130 concerts en 2016.

 

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