Interview de Obvrse Barwin : « Je suis un passionné de textes »


On a interviewé Amaury, alias Obvrse Barwin, qui vient de sortir son premier album Dark Screens grâce au crowdfunding sur KissKissBank.

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Amaury. Mon nom de scène est Obvrse Barwin, un jeu de mots avec observer en anglais et Darwin. Bar est une mesure dans le hip-hop, c’est un peu l’évolution du hip-hop à travers mes rimes, un clin d’œil que je me fais à moi-même.

J’ai commencé à écrire il y a une dizaine d’années, il y a deux ou trois ans, j’ai retrouvé un pote avec qui j’étais au collège après ses études aux Etats-Unis pour devenir ingénieur du son. C’était dans un bar, le lieu typique où les gens se retrouvent pendant les vacances.

C’est à ce moment que l’idée d’Obvrse Barwin a germé ?

Oui ! Lui, après avoir fait plein de stages dans de gros studios vers Nashville et Orlando, il a ramené plein de matos et décidé d’ouvrir son studio dans le coin. On s’est retrouvé pour faire 2 ou 3 chansons puis l’album a suivi. Maintenant, on est là, on a notre projet dont on est super fier. Au fur et à mesure, des musiciens se sont greffés sur le projet : un guitariste et un batteur qui sont vraiment des monstres.

Est-ce que tu peux expliquer plus précisément l’organisation qui t’entoure ? 

On a toujours cette équipe de quatre avec mon cousin et deux potes. Alex à la production a une asso qui s’appelle « On s’est rencontré » et un studio pour des jeunes artistes qui débutent que pour les pros. Olivier gère la partie graphique et, moi, j’écris les textes, je raconte mes trucs (rires). Il y a aussi Cassandra qui travaille sur le clip : une pote qui a fait des études de cinéma et déchire au montage. Tous mes clips ont étés réalisés par Cass.

Obvrse Barwin

En parlant de musiciens, j’ai trouvé que cet album de rap avait une dimension très mélodique à la manière de The Roots.

Oui, c’est super acoustique. Mais, le seul vrai passionné de rap, et j’espère que les autres ne vont pas s’énerver contre moi, cela doit être moi. J’adore les textes, je suis un passionné de textes, un vrai fan de hip-hop.

A lire aussi :  Critique de Nothing Was The Same de Drake - retour aux sources

C’est pour ça que tu m’as donné un petit livret !

C’est très axé sur les textes. J’aime bien triturer les textes. Pour expliquer cette atmosphère, c’est sans doute parce que le batteur est très axé pop, les instrus sont élaboré par un bassiste au style funk et jazz. Ce que j’adore aussi ! En fait, on a vraiment essayé de faire un mix de toutes ces influences.

Que peux-tu me dire sur l’aspect mélancolique de cet album ?

Le titre de l’album est Dark Screens. C’est une référence à tous les écrans noirs qui nous entourent, que ce soit des smartphones ou des tablettes. Parfois, je les regarde, et je me dis que je suis vraiment en train de perdre mon temps au lieu de partir à la découverte du monde extérieur ou simplement rentrer en relation avec soi-même. Dark Screens fait aussi référence à nos angoisses et aux idées noires que l’on peut voir à certains instants de sa vie, comme lorsque l’on a fini ses études et qu’on se retrouve face à cette multitude de choix. Je parle aussi de mes expériences : une relation compliquée au lycée, des histoires de famille difficiles avec ma mère tombée malade, c’est pour ça que l’album est un peu dark.

Quelles sont tes influences musicales ?

J’ai appris à écrire sur un groupe underground devenu un classique. Je suis aussi fan de The Roots que tu as cité, Di Angelo, Jay-Z, Eminem…

Et en France ?

En France, j’ai appris le rap par un pote qui m’a fait découvrir Disiz la Peste et son album Je pète les plombs.

Il venait de gagner sa victoire de la musique.

Exact ! Il m’a dit Je pète les plombs c’est marrant, mais faut que t’ailles écouter les autres sons, les textes sont mieux. Sinon j’aime bien le rap classique français : NTM, Lunatic. Mais j’aime aussi Orelsan qui parle de ses problèmes personnels dans ses textes, il me fait beaucoup rire. Nos univers se rapprochent, il y a des similarités.

A lire aussi :  Vince Staples - Hell Can Wait

Il parle de ses galères, il ne se la joue pas quoi.

Oui, il n’hésite pas à parler de ses peines de cœur par exemple. Moi je n’ai pas du tout grandi dans des quartiers difficiles ou des trucs comme ça. Je parle plus d’histoires introspectives. Il y a Nefkeu aussi, j’ai vu ton article.

Des morceaux sont pas mal, mais ce n’est peut-être pas trop ton style ?

Moi, j’essaye de regarder le positif dans tout, dans chaque projet. Je trouve ça déjà dingue de monter des projets, j’admire les gens qui le font. Et Nekfeu a réussi à le faire à un gros niveau.

En parlant du rap en général : on a de plus en plus de rap style egotrip et trap, et de moins en moins de rap conscient à textes. Tu en penses quoi ?

Déjà, il y a plein de rappeurs conscients qui ne sont pas formatés pour la radio en tant que produit commercial. Mais il y en a encore qui cartonne comme Kendrick Lamar.

Mais on en voit tout de même moins qu’avant. Par exemple, NTM ou IAM étaient les véritables groupes phares des années 90.

Maintenant beaucoup de rap est chanté, notamment avec l’Auto-Tune. Je n’en écoute pas vraiment. C’est de la musique moins axée sur les textes mai qui envoie, groove et délivre des émotions.

Des futurs projets ?

Commencer a remettre en forme des anciens textes que j’ai enregistré a l’époque sur des instrus d’autres gens, mais les textes sont vraiment cool et méritent leurs propres instrus. Sinon le deuxième album… J’ai les idées, maintenant il faut l’écrire et ne pas rester devant mon écran à ne rien faire. En ce moment, on prépare un clip pour une chanson super personnelle qui est une lettre à mon père. J’aime beaucoup le morceau et j’ai hâte de le sortir.

Où est-ce qu’on peut ecouter tout ça ?

Venez nous écouter sur Soundcloud, Deezer et Spotify. L’album est dispo sur iTunes et toutes les plateformes digitales. Venez nous suivre sur Facebook et Instagram !

Categories
Tags

+ There are no comments

Add yours