LES DERNIERS JOURS & KADOC : ELOGE DE LA FOLIE AU ROND POINT

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En ce moment au théâtre du Rond-Point, c’est l’occasion de voir deux spectacles qui ont choisi la folie pour sujet. Les Derniers jours (texte et mise en scène de Jean-Michel Rabeux) relate les derniers instants d’un proche du metteur en scène, un comédien victime de démences séniles avant de mourir. De l’autre côté, Kadoc, une sorte de vaudeville (signé Rémi De Vos, mise en scène de Jean-Michel Ribes) dans le monde de l’entreprise, hallucinant.

LES DERNIERS JOURS : UN HOMMAGE AVEC PUDEUR ET POÉSIE

Avec Les Derniers Jours, Jean-Michel Rabeux passe par l’auto-fiction pour atteindre l’universel. Il se livre, et réussit le pari d’être à la fois pudique et emphatique. L’auteur (Pylade), le comédien (Lear) et sa femme (Pénélope) rassemblent les derniers souvenirs qu’ils ont eu ensemble, ce qui les a uni lorsqu’ils se sont rencontrés, et ce qui les rassemblent encore aujourd’hui à la mort de l’un d’eux. Les comédiens qui interprètent lui-même, son ami et sa femme n’ont pas l’âge des personnes réelles, revendiquent même cette artificialité théâtrale – qui se retrouve jusque dans leur élocution. Cette mise à distance ajoute une couche poétique au propos – à l’image de cette scénographie, dénudée et pourtant très belle (suspendu en l’air, un courant de plumes). Et puis l’humour: avec un tel sujet, pour ne pas tomber dans le pathos, un peu de légèreté, de bons mots, de chansons et de chorégraphies. Parce que Les Derniers Jours, c’est avant tout un éloge de l’amitié, et du théâtre.

KADOC : L’ABSURDE COMME CATHARSIS

A l’opposé, ou plutôt devrait-on dire en parallèle, Kadocest une pièce de folie pure. Soit 3 hommes qui travaillent dans la même entreprise, et un quiproquo: le patron (Wurtz) invite celle qu’il pense être la femme (Judith) du nouvel employé (Hervé), qu’il apprécie, alors qu’il s’adresse à la femme (Marion) de son collègue qu’il déteste (Serge). Tout ceci dans l’unique but de faire plaisir à sa femme (Nora Wurtz), qui a des excès de démence – ici la folie du personnage rejoint le rocambolesque de l’histoire. Ce point de départ s’avère fécond en situations plus drôles et invraisemblables les unes que les autres – auxquelles il faut ajouter le mystère (jamais élucidé) d’un employé aux allures de singes qui roderait dans les bureaux. La pièce bascule petit à petit, crescendo, vers l’absurde le plus total. Pour autant cette folie n’est jamais complètement éloignée de la réalité, Kadoc serait une sorte de miroir déformant de notre réalité, du monde de l’entreprise.

Les Derniers Jours, du 25 février au 22 mars au théâtre du Rond-Point

Kadoc, du 26 Février au 5 avril au théâtre du Rond-Point

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