Mademoiselle, le dernier film de Park Chan-wook


Pour qui n’a pas lu le synopsis de Mademoiselle, une fois les vingt premières minutes écoulées, on s’attend à un film lent et calme, mettant en scène les états d’âme d’une jeune servante récemment mise au service d’une riche famille coréenne. Il n’en sera rien, c’est dire si le début augure mal de la suite, jubilatoire enchainement de retournements de situation, s’inscrivant dans la droite ligne d’Old Boy (Grand prix du Jury à Cannes, 2004).

Divisé en trois étapes, la dernière réalisation de Park Chan-wook narre en effet les combines de deux protagonistes, déterminés à récupérer l’héritage d’un richissime et grisonnant collectionneur coréen. Pour empocher le pactole, il s’agit de marier un jeune opportuniste, se faisant passer pour un comte, à la nièce du vieux, puis de s’enfuir. Dans cette entreprise, la servante est chargée de persuader la nièce des qualités de son complice. Evidemment, rien ne se passe comme prévu.

mademoiselle Park Chan-wook

Amateurs de cinéma coréen, vous ne serez pas déçus ! On retrouve la plupart des caractéristiques du genre. C’est d’abord le caractère très cru et non voilé des scènes de violence, mais aussi de façon plus surprenante, des scènes de sexe assez explicites, qui ne peuvent pas nous empêcher de nous rappeler la Vie D’Adèle d’Abdellatif Kechiche. D’autre part, la noirceur des personnages ne manque pas à l’appel. A ce titre, on se souviendra entres autres des séances surréalistes de littérature sadienne entre vieux pervers coréens, agrémentées de descriptions assez sales – et c’est un euphémisme – provoquant irrémédiablement le rire dans toute la salle de cinéma. Dans ce monde sans merci, seule la servante semble de temps à autre faire preuve d’humanité.

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Paradoxalement, cette noirceur cohabite sans cesse avec la Beauté, d’abord chez les deux actrices principales, sublimes, ensuite dans les couleurs très prononcées mais harmonieuses des habits traditionnels, des jardins et des paysages de la Corée et du Japon des années 1930, et de l’histoire d’amour improbable à cette époque entre une servante et une « Mademoiselle ».

C’est donc peu dire que nous avons aimé le film. A voir !

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