« Mahabharata – Nalacharitam », le conte indien s’invite sur les terres nipponnes

Après « Révélation » en début d’automne, Satoshi Miyagi nous transporte une fois de plus dans un spectacle dont le texte est issu d’un pays autre (ici l’Inde) que le Japon. Il n’en transpire pas moins l’art traditionnel et moderne de l’île nippone. 

Le Cercle de la Vie !

Dans cette Grande Hall de la Villette, le public est face à une scène à deux hauteurs. Celle à son niveau est l’orchestre (percussions, xylophones, …) qui accompagne la pièce dans un mix de musiques indo-japonaises. Le niveau du dessus se compose d’un large scène circulaire qui entoure le public et permet la multiplication des entrées pour les artistes.

Ces derniers justement se divisent en trois groupes d’après les traditions théâtrales de ces deux pays (le nö, le bunraku, le kabuki japonais ainsi que le kutiyattam indien) : les récitants, les musiciens, et les acteurs. Quand l’un conte, l’autre joue de la musique et le dernier agit. Cela, c’est au début du spectacle, quand la tradition est encore respectée. Mais très vite, tous les rôles vont se mélanger, les musiciens vont se mettre à parler, les conteurs à bouger, et les acteurs à déclamer.

L’histoire de Nalacharitam est le seul conte du Mahabharata où la guerre n’est pas présente, à l’image de la nouvelle génération de japonais qui ne connaissent – heureusement – pas la guerre. Un prince perd son royaume aux jeux de dés. Il est alors séparé de sa princesse dont on suivra les pas. Commence alors un périple pour cette dernière qui finira par retrouver l’élu de son coeur, le prince déchu.

L’oscillement entre le grotesque et le tragique semble toujours présent dans le théâtre japonais. D’un sérieux rituel, la pièce bascule soudainement dans un enchaînement de farces. Cette alternance déroute, mais trouve son équilibre quand l’intrigue est posée et que chacun des personnages principaux est identifié. Le final grandiose rassemble l’ensemble des artistes sur cette scène à 360° pour un tourbillon de joie digne des meilleurs contes !

Culture originale = mix des cultures

Selon Satoshi Miyagi, chaque culture n’existe pas en elle-même et pour elle-même. Chacune d’elles emprunte aux autres pour se construire. Le Japon – par exemple – a été une terre d’accueil des populations indiennes et chinoises. Ces trois cultures se sont nourries les unes des autres, tout en gardant chacune son identité forte. C’est ce que le metteur en scène fait dans ses spectacles. Bien évidemment, la tradition japonaise ressort durant tout le spectacle, mais l’influence indienne dans le texte est bien là.

Interprétation : Kazunori Abe, Naomi Akamatsu, Yuya Daidomumon, Asuka Fuse, Maki Honda, Moemi Ishii, Sachiko Kataoka, Yukio Kato, Yudai Makiyama, Micari, Haruka Miyagishima, Fuyuko Moriyama, Sayako Nagai, Kouichi Ohtaka, Yoneji Ouchi, Yuumi Sakakibara, Yu Sakurauchi, Yuzu Sato, Junko Sekine, Morimasa Takeishi, Momoyo Tateno, Ayako Terauchi, Hisashi Yokoyama, Ryo Yoshimi, Yoichi Wakamiya, Takahiko Watanabe

Mise en scène: Satoshi Miyagi. Texte : Azumi Kubota. Musique : Hiroko Tanakawa. Décors :  Junpei Kiz. Création lumières : Koji Osako. Création costumes :  Kayo Takahashi. Accessoires : Eri Fukasawa. Direction technique : Atsushi Muramatsu assisté de Takahiro Yamada, Yukio Haraikawa. Régie lumières : Hiroya Kobayakawa. Régie son : Koji Makishima, Masashi Wada. Coiffure, maquillage : Kyoko Kajita. Habilleuse : Chigusa Sei. Assistant à la mise en scène : Masaki Nakano. Dramaturgie : Yoshiji Yokoyama. Régie sous-titres : Takako Oishi. Administration : Yoko Narushima, Takako Oishi, Junichi Yoneyama.