Nous trois ou rien : une tragi-comédie réussie ?

Nous trois ou rien : une tragi-comédie réussie ?


Comment ne pas être confiant en allant voir « Nous trois ou rien » face à tant de critiques positives, voire élogieuses. On s’attend donc à une véritable pépite de ce cinéma français de nouvelle génération, incarné par Kheiron : réalisateur, acteur principal et scénariste de son premier film. Malheureusement, « Nous trois ou rien » ne parvient pas à dépasser le simple stade de la comédie juste sympathique.

Car oui, le film vous fera rire grâce à quelques traits d’humour bien trouvés et à un casting réussi : Leïla Bekhti, Gérard Darmon ou encore Michel Vuillermoz ; mais l’humour déployé par Kheiron et ses compères est parfois très lourd, à cause de vannes répétées à l’excès tout au long du film. On pense notamment à celle des vêtements, sortant sans doute plus d’une vingtaine de fois… Ces répétitions visent à éponger les événements tragiques vécus par les différents protagonistes : raconter des choses graves d’une manière drôle.

Un film en deux parties

La première se déroule en Iran sous le régime dictatorial du Shah, puis pendant la révolution de 1979 qui a porté l’ayatollah Khomeiny au pouvoir de la nouvelle république islamique. De ses événements, on n’en apprendra que très peu, mais le but de « Nous trois ou rien » n’était pas d’être un documentaire sur ce sujet. Kheiron a voulu rendre un hommage à ses parents, opposants politiques du Shah et du régime de Khomeiny, car proches d’une mouvance désirant la démocratie. Voilà pourquoi ils seront persécutés et traqués aussi bien sous la férule de l’un que de l’autre.

Cette première partie est certainement la plus aboutie de ce long-métrage, Kheiron s’appuyant sur les témoignages de ses parents et d’amis pour la réaliser. On relèvera par exemple la fuite à travers les montagnes, particulièrement crédible à cette époque troublée. D’ailleurs, on voit à la fin des comparaisons entre des images d’époque et celles tirées du film, montrant un réel travail d’authenticité. On a par contre plus de doutes sur la deuxième partie de « Nous trois ou rien » se déroulant en France.

Nous trois ou rien film

L’impression dégagée par cette dernière nous fait un peu penser à un « Dheepan de seconde zone », où le traitement de l’intégration est très superficiel et effectué à la va-vite, même si elle donne un message plein d’espoir sur toutes ces personnes qui veulent s’investir dans leurs quartiers pour créer davantage de lien social (cela passe par l’animation d’un centre dans le film).

Finalement, il faut avoir conscience de nos attentes en allant voir « Nous trois ou rien ». Ceux qui désirent passer un moment pas trop prise de tête, rempli de bons sentiments et d’optimisme sur des situations qui ne s’y prêtent pas forcément, y trouveront leur compte.

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