Test rétro – Professeur Layton et la boîte de Pandore


Si vous n’avez pas encore fini tous les casse-tête de l’Etrange Village, il serait temps d’activer vos méninges, car le Professeur Layton revient déjà dans une seconde enquête consacrée à l’énigmatique boîte de Pandore : un objet qui fait passer de vie à trépas ceux qui ont le malheur de l’ouvrir. Plutôt inquiétant, non ?

S’il est une chose que votre serviteur adore avec le Professeur Layton, c’est qu’il constitue la réplique imparable face aux polémiques régulièrement engagées au sujet du petit monde vidéoludique. Violent ? Immoral ? Abrutissant ? Non, nenni et nada. Aucun de ces arguments ne tient un tant soit peu la route dès qu’on brandit ce contre-exemple absolu. En effet, l’œuvre de Level-5 se compose d’une cohorte de puzzles à résoudre pour connaître le fin mot d’une histoire savamment contée. Autrement dit, il est avant tout question de logique, de réflexion et d’observation, l’aventure se déroulant dans un univers qui rappelle immanquablement les productions du studio Gibli, en l’occurrence le Château de Cagliostro et un soupçon du Voyage de Chihiro.

Une recette suivie à la lettre par ce second opus, ou presque, puisque les cuisiniers se sont montrés plus généreux avec chacun des ingrédients. On aurait pu craindre que notre archéologue se sente un peu à l’étroit dans cette boîte maléfique, mais c’est tout le contraire ! Ainsi, la disparition tragique du Dr Shrader va mener le Professeur et son inséparable apprenti, Luke, à embarquer à bord du Molentary Express, sans avoir la moindre idée de leur destination… Tel est le point de départ de cette enquête qui conduit nos héros à visiter différents lieux ô combien dépaysants, ce qui tranche agréablement avec la nature confinée -pour ne pas dire renfermée – de Saint-Mystère. Si la trame peine un peu à démarrer, celle-ci s’avère aussi bien ficelée que la précédente, la qualité de la narration étant renforcée par un léger surcroît de cinématiques et des doublages dans la langue de Molière.

Le professeur Layton et la boite de pandore

Comme sur des rails ?

Nos petites oreilles profitent également de nouvelles mélodies, toujours fort charmantes, bien que l’on regrette la reprise du trop fameux thème des casse-tête. Vu l’éternité que l’on passe parfois à cogiter, cette musique avait déjà eu le temps de nous taper sérieusement sur le système lors du premier épisode… Il est donc dommage que l’un des rares défauts du premier opus n’ait pas été corrigé, d’autant que la Boîte de Pandore promet des séances encore plus longues à se titiller les neurones. Avec plus de cent cinquante énigmes au compteur et théoriquement cinquante-deux autres à télécharger par la suite, la durée dépasse allègrement la vingtaine d’heures, voire nettement plus quand on met un point d’honneur ç ne pas trop faire appel aux indices.

Le professeur Layton et la boite de pandore

Une mission assez ardue, dans la mesure où l’auteur de ces puzzles, le professeur Tago (le spécialiste nippon de la discipline), a pris un malin plaisir à pondre des énoncés trompeurs. Il va sans dire que quelques-uns crieront sans doute à la supercherie ou même au scandale, tant certaines nuances s’avèrent subtiles et donnent franchement l’impression d’avoir été dupé. Et ne parlons pas des énigmes les plus retorses, situées pour la plupart vers la fin du jeu. Heureusement, une fonction de « notes » très utile a été rajoutée. Comme son nom l’indique, elle permet de griffonner sur l’écran tactile, la présence du puzzle en transparence venant considérablement faciliter la besogne de nos cervelles déjà cramoisies, tout particulièrement avec les épreuves géométriques ou celles qui demandent de tracer un chemin.

Une boîte sur mesure

De quoi démontrer, s’il en était besoin, que Professeur Layton est décidément taillé pour la portable au double écran et bien entendu pour son public, forcément féru d’exercices mentaux. Dans cette optique, des activités annexes inédites font ainsi leur apparition, plus précisément la photographie, la préparation du thé et la coaching d’un hamster bedonnant qu’il faut assister dans son régime ! Pour la première de ces occupations, tout commence par l’assemblages des pièces d’un appareil photo. On pourra ensuite prendre des clichés à comparer avec leurs faux clones, façon jeu des 7 erreurs. La seconde tâche souligne la culture très british de nos héritiers de Sherlock Holmes, car elle consiste à concocter diverses infusions qui plairont plus ou moins aux autochtones.

Le professeur Layton et la boite de pandore

A l’exception de l’entraînement du rongeur, synonyme d’un sympathique bonus une fois accompli, ces missions optionnelles donnent accès à… devinez quoi : des puzzles supplémentaires ! Au-delà de prolonger l’expérience, le principal intérêt de ces digressions se résume à atténuer la relative linéarité de l’aventure. Les perfectionnistes devront par conséquent effectuer de nombreux va-et-vient, histoire de ne rien manquer. Des balades plutôt plaisantes d’ailleurs, grâce à une atmosphère enveloppante à souhait, et ce même si l’on s’étonne qu’ici encore tout le monde soit obsédé par les énigmes. Pour sûr, ces devinettes n’ont souvent pas grand chose à voir avec l’intrigue, leur rôle se résumant à imprimer un rythme posé aux investigations. Cependant, soyez prévenus : une fois la boîte de Pandore ouverte, il sera difficile de s’en extirper, du moins jusqu’au prochain épisode…

Le professeur Layton et la boite de pandore

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